jeudi 27 octobre 2011

Quelques tendances automnales en vrac...

Ma convalescence a cela de positif qu'elle me laisse plus de temps pour poster, profitons-en! Je suis passionnée par la mode et reste une maman coquette, et même si je sais que d'autres blogueuses en parlent mieux que moi, je vais quand même vous parler de mes coups de coeur...

Je ne parlerai pas vraiment de chaussures, car mon amie MissG* propose une édition spéciale sur les tendances Automne-Hiver, je dirais juste oui aux ballerines! Pour le début de saison et le printemps prochain, j'ai opté pour une paire de ballerines saumon de chez Topshop. Dix fois moins chères que des Repetto, encore plus confortables (bon OK elles ne sont pas en cuir, mais qu'importe), mais ce que j'ai aimé chez elles, c'est qu'elles me faisaient penser à mes chaussons de danse classique. Parfaites avec un boyfriend jean ou un slim rouloté!

Ballerines Topshop - 20€

Encore et toujours, oui aux loafers (les miens sont en daim bleu marine, mmmmoua je les aime), et surprise surprise, j'ai craqué pour une paire de Minnetonka (je vends mes fripes sur eBay et sponsorise ainsi mes nouveaux achats sur des choses que je mettrai vraiment, dans le but d'en avoir moins, et qui ne dorment pas dans mon placard). C'est Garance Doré, dans son excellentissime blog (courrez faire sa connaissance si ce n'est déjà fait), qui a lancé l'idée, 5 ans après tout le monde. Minnetonka ce sera donc pour moi cet hiver, et qui sait, peut-être lancerai-je une tendance en France où elles sont peu connues? Il ne fait nul doute que j'ai opté pour le confort avant tout (vie de maman active qui court chercher ses puces à la crèche en Louboutin, très peu pour moi).


Bottes Minnetonka - eBay - 99€

En ce qui concerne les vêtements, pas grand-chose à dire sur les pantalons, j'ai beau aimer les carrot pants ou cargo pants, je ne suis bien qu'en jean (boyfriend, slim, jegging,  bootleg, pas de flare pour moi, on dirait une saucisse). Mais question hauts, il y a deux tendances que j'aime, dont une que je suis déjà depuis quelques années. Il s'agit de LA fameuse chemise, à carreaux si on ose, mais dans toutes ses déclinaisons, ceinturée, manches retroussées ou pas, elle est vraiment intemporelle.



Chemise Mango - 34,95€

La deuxième tendance, il faut oser, mais j'ose toujours, c'est le col Claudine. Bon, OK, ce n'est pas facile à porter et si l'on ne veut pas ressembler à une élève du couvent des Oiseaux, il faut l'accorder avec une tenue un peu rock (slim et bottes de moto par exemple, ou perfecto en cuir). Si vous aimez cette tendance, je vous conseille d'aller sur le site d'ASOS, il y en a des dizaines de modèles. Quant à moi, j'ai craqué sur le modèle suivant qui a eu beaucoup de succès, et qui en plus vaut moins de 15€!


Robe jersey ASOS - 13,05€

Pour le froid, je suis parée depuis l'hiver dernier, ce sera caban bleu marine Gap pour le moyen froid:


Caban Vanessa Bruno collection 2010- Certainement cher, mais c'est pour vous donner une idée du style

Et pour le grand froid, ce sera doudoune ultrachaude et très stylée (bien plus rock en vrai, et l'intérieur est hyper funky) à un prix exorbitant, certes, mais je vais la garder pendant au moins une décennie, même si ce n'est plus la mode, car je me sens comme un lapereau enfoui dans la fourrure de sa mère quand je suis dedans. J'ai affronté avec elle l'hiver glacial d'Avignon pendant mes études, et je peux vous dire que je remerciais tous les jours le Dieu de la mode de me l'avoir fait acheter. Vous trouverez des versions nettement moins chères chez ASOS.


Doudoune Paul Frank - 179€

Pour finir, ma dernière folie capillaire, en proie de devenir THE tendance de l'hiver (déjà en vogue outre-Manche et outre-Atlantique depuis pas mal de temps), c'est le balayage tie & dye. Daphnée Burki a lancé la tendance il y a un moment, mais c'est un peu trop blond, je préfère la version d'Alexa Chung (et de toute façon Alexa Chung est tellement sublime dans tout que c'est MA fashion icon préférée):


That's all folks for today, j'espère que ces tendances vous plairons, osez, osez, osez, cette année, la mode est riche et versatile, et en plus abordable selon les modèles choisis!


vendredi 21 octobre 2011

Do’s and don’t de la maternité...

Si toi aussi lectrice chérie, tu as un jour rêvé d’être une mère et une femme parfaite, alors ceci va t’intéresser, car je détiens le Graal de la maternité et de la féminité. Oui, j’ai toutes les réponses, alors ouvre bien grands tes yeux, chère lectrice,  et lis attentivement ce qui suit.

Alimentation pendant la grossesse


Si les médecins/gynécopains/amies/inconnus t’ont toi aussi rebattu les oreilles avec le poids que tu allais prendre ou que tu avais pris pendant ta grossesse, ce paragraphe est pour toi, sister. Que n’ai-je entendu de futures mamans me dire qu’elles n’osaient même pas manger une pomme pour le goûter, car c’était "trop sucré" (dixit le médecin). Ah ah, trop sucrée, une pomme!!! On voit bien qu’ils n’ont jamais été enceints les gynécos!!! 500 gr de Nutella mangés à la petite cuillère, moi je trouve que c’est légèrement sucré, mais une pomme, non. Alors occupez-vous de vos fesses et non des nôtres, et sans entrer dans un délire d’auto-satisfaction nutrionnelle et faire de votre fœtus un futur candidat au diabète ("Ouais, je mange pour 2 moi, même 3, alors j’ai le droit de me faire un cassoulet au chocolat pour le petit déjeuner et je t’emmerde"), détendez-vous du string les filles. J’ai perdu 3 kg après avoir accouché, 3kg!!! Même pas le poids de mes filles prématurées, des placentas et du liquide amniotique! J’avais envie de me pendre, car tout le monde m’avait dit qu’on perdait très vite du poids après l’accouchement si on allaitait. Belle blague, j’ai été capable de poser mes seins sur mon ventre pendant des mois. Ben oui, c’est ça la maternité, des jolis petits plis de shar-pei un peu partout. Les nanas qui ressemblent à Victoria Beckam ou Rachida Dati après le marathon d’une grossesse et d’un accouchement, j’aimerais bien leur demander à quoi elles carburent. Ces fameuses Mommyrexic, comme les appellent les Anglo-saxons. Prennent-elles 15 Dolipranes codéinés par jour + 40 Spasfon pour pouvoir marcher en Louboutin? Mangent-elles une graine de lin, une amande et un grand verre de citron chaud le matin pour la détox, 10 gr de poulet grillé à midi avec une feuille de salade verte, et le soir, 30 gr de riz complet sans matière grasse ? Ouaaaaaais. J’ai fini par perdre du poids, mais ça a pris du temps, mon corps a changé, et je m’en fous.

Activités sportives pendant la grossesse


Sieste de type "Bouche ouverte + nez écrasé"

Rappelez-vous de mon activité sportive préférée pendant la grossesse (entre 2 vomissements). Pendant la sieste, je vous conseille de vous tourner souvent vers la droite, puis vers la gauche, et puis de vous mettre un peu sur le dos aussi. De préférence pendant Amour, Gloire et Beauté que j’ai suivi subliminalement pendant toute ma grossesse. Je n’ai jamais vu la tête des acteurs, mais mon inconscient a vaguement gardé en mémoire les aventures de cette série soporifique, un must. Il y a aussi les documentaires animaliers, et le seul fait de voir un lion dormir sous un arbre dans la savane me faisait plonger dans un profond sommeil. Ces belles mamans américaines qui font du Pilates pendant toute leur grossesse, font du jogging, de la natation, du yoga, etc., me font bien rire, car visiblement elles n’ont que ça à faire, s’occuper de leur corps. Attention, je ne trouve pas malsain de s’occuper de son corps, mais virer dans le narcissisme exacerbé quand on est enceinte, je trouve ça grave. Les femmes qui font appel à des mères porteuses pour ne pas abîmer leur corps, ça me donne envie de vomir. Moi, j’avais 2 bébés dans le ventre, il faisait chauuuuuud, mais chauuuuuud l’été 2009, alors je n’ai pas fait de Pilates, et j'ai mangé quand j'avais faim. J’ai pris le temps de vivre et d’apprécier ma grossesse même si ce n’était pas facile, et je n’ai pas fait de ma vie un planning d’executive woman qui se prend la tête pour ne pas trop grossir. J’ai vécu sereinement pendant 7 mois, et ça m’a plutôt bien réussi.

Un accouchement parfait et indolore

Non, ce ne sont pas des couverts de salade de Philippe Starck, mais des spatules gynécologiques de Thierry

Pardon à celles qui prônent un accouchement naturel et sans péridurale – mais ça va pas ou quoi la tête??? Vous demandez au dentiste qu’il ne vous fasse pas d’anesthésie quand il vous arrache une dent, histoire de mieux sentir la douleur??? – Pardon, ça m’a échappé, pourtant dieu sait si je suis tolérante, mais ça, c’est quand même une chose que j’ai du mal à comprendre. Ayant moi-même chié deux (petites) pastèques en l’espace de 9 minutes, et n’ayant plus senti les effets de la péridurale dans le bas de mon corps au moment de l’expulsion, j’ai senti l’obstétricien me foutre les couverts à salade dans la partie noble de mon anatomie et je peux vous dire que j’ai eu envie de lui arracher la tête avec mes dents. J’ai aussi senti les pastèques sortir et j’ai eu mal au cul, mais alors très mal au cul, pendant longtemps. Si mal d’ailleurs que je ne me suis déplacée qu’en fauteuil roulant pendant une semaine, que j’étais comme Docteur House, accro à mes médocs (sauf que moi c’était du Spasfon et non de la Vicodine) et que ma meilleure copine a été ma bouée Mickey, afin d’éviter que mes fesses touchent quoi que ce soit lorsque je m’asseyais. J’ai même demandé 2 péridurales à l’anesthésiste, je trouvais cela légitime car j’allais avoir deux bébés, mais il n’a pas voulu. Pour celles qui rêvent d’un accouchement naturel avec huiles essentielles, baignoire à bulle, massage, musique douce et cris de dauphins en fond sonore, moi j’ai eu 12 personnes autour de moi (enfin autour de mon vagin au bloc), je crevais de soif, tout le monde était gentil, mais on n’a pas vraiment fait de la méditation transcendantale pendant que je donnais la vie.

Rééducation du périnée


J’y suis allée une fois alors que je dormais 3h par 24h en discontinu les premiers mois. Lorsque ma sage-femme a commencé à mettre son doigt là où je pense et à me parler de portes d’ascenseurs qui s’ouvrent et se ferment, je me suis endormie, je vous jure, je n'ai pas fait exprès, parce qu'en plus elle était super gentille ma sage-femme. Mais elle a eu pitié de moi et m'a dit de revenir quand ça irait mieux. Une heure par semaine pendant 10 semaines à consacrer à mon périnée alors que je ne consacrais même pas 5 minutes à ma petite personne, ce n’était simplement pas possible. Je n’y suis jamais retournée, mais mon périnée va bien, merci, et si vous vous demandez si je fais pipi dans ma culotte quand j’éternue, c’est bon.


Alimentation après la grossesse


Elle a été très simple pour moi vu que nous passions beaucoup de temps en néonat les premiers temps (MacDo sur le chemin du retour), et quand nous sommes rentrés et que Petit Chéri m’a assistée dans l’allaitement exclusif des jumelles, il y avait un truc qu’on aimait bien avant d’aller se recoucher, c’était le chocolat au lait avec 15 cuillères de Nesquik dedans. Enfin pas vraiment 15 cuillères, mais ça vous donne une idée. La knacki froide en cas d’hypoglycémie était aussi parmi nos préférés. Alors bien sûr j’ai mis 1 an à perdre mes kilos en trop, mais franchement je ne vois pas comment j’aurais pu faire des repas diététiques à ce stade ma vie, une espèce de no man’s land un peu flou où on se croisait beaucoup en pyjama Petit Chéri et moi, et où n’avait pas un iota de force pour cuisiner quoi que ce soit.


Reprise du sport après la grossesse


Aaaaah lectrice chérie, tu dois penser qu’avec un corps de rêve comme le mien, j’ai repris Pilates/natation/danse classique/vélo/roller très rapidement après avoir donné la vie. Mais oui, tout à fait! J’ai pris l’exemple de Jennifer Lopez qui se lève à 4h du matin pour faire 3h de sport avant d’aller réveiller les jumeaux à 7h (tout le monde sait que j’ai une salle de sport et un coach privé chez moi). Comme Jessica Alba, j’ai repris le sport un mois seulement après avoir accouché, quitte à me taper un bon prolapsus (descente d’organe, du genre où tu retrouves ton utérus dans ta culotte, car tu as un peu trop forcé sur l’accrobranche). Mais comme Nicole Kidman, qui n’avait pris que 8 kg pendant sa grossesse (pour 1,83 m, c’était tout à fait raisonnable, et non, elle n’a pas fait de régime, j’en suis sûre !), j’avais déjà un corps de nymphe en sortant de la salle d’accouchement, tu penses bien.


Maternage : cododo, écharpe de portage, alimentation bio

Je me suis emmêlé les pinceaux en essayant une écharpe de portage et j’ai eu peur de faire des nœuds que je ne pourrais pas défaire et de rester coincée. On nous a prêté des porte-bébés pour les sorties (car bien sûr je sortais tous les jours avec mes bébés prématurés, qu’il pleuve, qu'il vente ou qu’il neige, juste pour leur faire respirer de l’air frais, comme le préconisait Tata Suzanne, avec un bon -5° dehors). En fait des fois j’aérais, mais je n’avais pas envie de me geler les fesses dans la rue, seule, avec deux bébés qui dormaient et n’avaient aucune conscience d’être dehors ou dedans, alors je me suis dit que je ne sortirais que si cela me faisait plaisir à moi aussi. On a donc attendu les beaux jours, car je ne voyais pas l’intérêt d’emmitoufler deux bébés comme des Eskimo, juste pour dire que j’étais sortie. En ce qui concerne le cododo, on ne l’a pas fait. Je pensais qu’on prendrait les puces dans notre chambre les premiers mois, mais elles sont allées dans la leur fissa quand on s’est rendu compte qu’elles faisaient même du bruit quand elles dormaient. Vous savez, le bruit de quelqu’un qui mange un caramel bruyamment, la bouche ouverte? Essayez de dormir avec ça en fond sonore. Et vous qui vous vous précipitez sur le berceau justement car il n'y a pas de bruit et que vous angoissez sur la mort subite du nourrisson. En ce qui concerne l’alimentation bio, comment dire … J’ai appris dans l’excellent Que Choisir que pour un surcoût de 25% de production de l'alimentation bio, il y avait 100% d’augmentation du prix. Autant vous dire qu’on a zappé le bio et qu'on n'est pas des lapins de trois semaines.

Voilà, tout est dit, on voit que j’ai suivi  à la lettre ce qu’on m’a dit ou ce que j’ai lu, mettant totalement de coté mon libre-arbitre, car tout le monde sait bien qu’une future mère n’a pas assez de neurones pour prendre sa vie en main et faire ce qui est bon pour elle et son enfant à naître. Adeptes du maternage, mamans ayant plus de principes que moi et étant capable de les tenir, pardonnez-moi si je vous ai offensées, mais je suis ce que je suis. 
Mon prochain post abordera les do’s and don’t de la parentalité, je suis sûre que vous allez adorer, car vous voulez comme moi, être une mère parfaite non ?


mardi 11 octobre 2011

Plaisir et parentalité...



J'ai beaucoup réfléchi au principe de plaisir et de parentalité ces derniers jours et la sortie du film Un heureux évènement m'a fait me rappeler les paroles du personnage du roman d'Éliette Abecassis, dont le film est tiré: "Pourquoi ne m'a-t-on rien dit?". C'est également le propos du spectacle de Florence Foresti, Mother Fucker, lorsqu'elle parle de la "brigade des nurses", qui empêche toute jeune mère de parler de grossesse, d'accouchement ou d'épisiotomie, sous peine de voir la race humaine s'éteindre en moins de 50 ans... Pourtant, j'imagine que ce film, comme le livre, est loin de vouloir donner des leçons ou de donner envie aux femmes de se faire ligaturer les trompes.

Vous êtes certainement en train de vous dire, "Allez, c'est le râlage mensuel de Mafalda, elle va encore se plaindre". C'est pas faux! Des petits soucis de santé m'ont mise au repos forcé pendant plusieurs semaines, juste après mon oral de Master, et nous savons bien que si le repos d'une maman signifie plus de temps pour faire des lessives ou pour commander des couettes de lit bébé pour l'hiver, il est aussi parfois propice à la réflexion.

J'ai beaucoup parlé de mes difficultés de maman de jumelles et j'ai partagé avec vous, lectrices et lecteurs chéris, mes crises de joie et de folie quotidiennes. Et souvent, mon propos se résumait à cette question: "Pourquoi ne m'a-t-on rien dit?". Les parents de jeunes enfants m'ont souvent dit "C'est que du bonheur, tu vas voir, c'est fantastique!" – Beurk, déjà je déteste cette expression, "que du bonheur"– Et à cela je répondrai toutefois que oui, c'est sans l'ombre d'un doute un bonheur infini, et c'est même mille fois plus fantastique que ce que je m'étais imaginé. Mais pourtant, personne n'a eu l'honnêteté de finir la phrase en me disant "... mais tu vas voir comme tu vas en chier!".  

Au début, on m'a dit que cela deviendrait plus facile quand on serait sortis du service de néonat où les petites sont restées pendant 6 semaines. Ensuite, on m'a dit que cela serait moins fatiguant au bout de trois mois. Alors on a attendu 3 mois, et puis 3 mois de plus pour qu'elles fassent leurs nuits, et cela s'est un peu arrangé. J'ai connu une courte période bénie d'un mois, quand elles avaient 9 mois, pendant laquelle elles ne marchaient pas encore, jouaient sur leur tapis sagement, faisaient leurs nuits ainsi que de longues siestes, étaient en super forme, et du coup moi aussi. Malheureusement, cette période bénie a été de courte durée, car nous avons entamé avec leur rentrée à la crèche un combat sans merci contre les maladies infantiles. Six mois de cauchemar pendant laquelle Petit Chéri travaillait 12 h par jour et moi de même, à courir entre la fac d'Avignon et mon domicile, à travailler jour et nuit et même le week-end pour faire "mes devoirs" pendant qu'elles dormaient. Notre vie, comme pour les six premiers mois de vie de nos filles, tournait à 90% autour de l'intendance. Nous étions en "mode survie" comme le dit si bien Petit Chéri. On a tenu bon, on n'avait pas le choix.

Pas de période bénie entre les maladies infantiles et le Terribles Twos, donc pas de break... On est passés d'une période horrible à une période ingrate. Entendez-moi bien, je continue à penser que le plaisir est dix fois plus grand que la difficulté lorsqu'on a des enfants, mais le problème c'est qu'il est aussi souvent dix fois plus rare. Cependant, ce sentiment d'être plus une intendante qu'une maman, toujours dans l'urgence, en mode automatique, car il faut soigner, faire les courses, faire à manger, laver le linge, faire le ménage et travailler, fait que les moments passés avec nos enfants peuvent parfois ne sembler qu'une contrainte de plus. Les repas sont souvent stressants, car les petites sont très fatiguées après 10h de crèche, c'est donc Petit Chéri qui les fait manger, moi je m'occupe de la toilette et du change avant de les coucher. Et puis maintenant il faut qu'elles se brossent les dents, qu'elles aillent au pot, mais j'ai beau aimer leur lire des histoires pendant le "potty training", j'avoue que maîtrisant l'art de changer une couche plus vite que mon ombre, je trouve ça allait plus vite avant.

Plus vite. Voilà le problème. Nous avons constamment la tête dans le guidon et tellement de choses à faire, sans parler des séries noires et petits soucis quotidiens: coupure d'ADSL depuis 2 mois alors que je travaille à la maison, disque dur de mon PC qui lâche et perte de données, ballon d'eau chaude qui claque, télé qui pète, voiture en panne, et pour finir, un dégât des eaux. Bref, de quoi ajouter un peu plus de stress à notre quotidien qui n'en manque pourtant pas.

C'est ainsi que depuis ce repos forcé, pas forcément moins speed ni stressant que la vie courante, car je continue à courir partout clopin-clopant, je me rends compte à quel point je passe très souvent à côté de l'essentiel et que je vais finir par dire comme tous les parents que c'est passé trop vite et qu'on n'en a pas assez profité. Et une culpabilité de plus, une! Ces moments bénis qui ponctuent notre vie, mais que l'on ne voit pas forcément, que l'on n'est pas non plus toujours enclins à partager, car on est trop fatigués, trop énervés, trop tout, tout le temps... J'ai conscience que ceci est le lot de la plupart des parents et que ce sentiment de culpabilité qui vient parfois nous titiller, nous le partageons tous, mais bon. Soupir.

Cela fait cependant 2 semaines que mes filles sont absolument adorables et je profite de ces moments extraordinaires, car je sais qu'ils ne durent jamais bien longtemps et de manière aussi forte. Mes paroles ci-dessus vous ont peut-être choqués, car on attend souvent des mamans qu'elles soient "sur un nuage de bonheur" en permanence et non qu'elles disent ce qu'elles ont sur le coeur. Mais c'est vrai, je profite de ce pur bonheur si rare où mes filles sont en bonne santé, en forme, relativement sages et surtout en même temps (et je parie que le seul fait de le dire aujourd'hui va entraîner la fin radicale de cette période bénie!). Peut-être ont-elles compris que je suis fatiguée, elles savent que j'ai "bobo" et elles me couvrent de câlins toute la journée, jouent avec moi mais sans m'accaparer, m'aident à ranger leur linge sale, leur vaisselle, mettent des choses à la poubelle quand je le leur demande, mangent bien et sans crise et me voilà dans une euphorie totale. Elles sont toutes fières de grandir et de m'aider, et elles me montrent combien elles m'aiment. Je me sens amoureuse de mes filles, même si je les aime en permanence, mais cette période est absolument formidable et je veux être capable d'en profiter le plus possible et de pouvoir le faire plus souvent, car c'est aussi l'état physique et mental des parents qui détermine l'état physique et mental des enfants. J'ai conscience que si les grands-parents profitent pleinement de leurs petits-enfants, c'est qu'ils n'ont pas les mêmes contraintes que nous, parents, et qu'eux aussi ont certainement raté plein de choses lorsque nous étions petits et que c'est maintenant qu'ils profitent pleinement de cette petite enfance si belle et si riche. Le plaisir à coté duquel ils sont peut-être un peu passés quand nous étions nous aussi des nains.

Bientôt, cette période bénie va se terminer, mais je vais profiter de ces moments qui nous permettent de recharger les batteries pour affronter ce quotidien ô si joyeux!

Je vais continuer de rire aux éclats quand Lily, folle du pot et des toilettes, mais incapable de pisser 3 gouttes quand elle y est, est tellement excitée et impatiente que le pipi arrive qu'elle se penche trop en avant et atterrit sur le front. Et boum la tête! Je vais continuer à lui lire l'Auto-Journal, Elle ou le catalogue de Picard, ses journaux préférés, avec une tête étonnée, comme si les framboises et les chaussures étaient un miracle absolument incroyable à observer et à commenter. Je vais la laisser faire des pipis de chat partout dans l'appartement, car elle est une naturiste dans l'âme et aime courir partout et chevaucher sa chenille à bascule à poil. Et surtout, la laisser enfouir son petit nez dans mon cou quand elle se laisse aller à la tendresse la plus folle avant le coucher.

Je vais continuer à regarder Petit Chéri faire danser la valse à Louise après le repas, chanter avec elle "Scions du bois", la bouffer de bisous jusqu'à ce qu'elle hurle de rire, lui manger les petons quand je la change, continuer à faire Godzilla et la poursuivre dans tout l'appartement, juste pour voir cet air de panique réjoui qui fait qu'elle ne sait pas si elle doit partir dans la direction opposée ou se jeter dans mes bras pour que je la protège. Et renifler son haleine de petite fille le matin, quand elle appuie sa tête contre mon épaule et qu'elle a la même coupe que Robert Smith en 1985.

Leur faire des "tatines" le matin et m'asseoir pour les manger avec elles, faire des câlins sandwichs allongée avec 24 kg de bébé sur le ventre, les emmener manger une brioche en famille sur le port le samedi matin avec leur papa, car c'est mon moment préféré de la semaine, faire le clown quand elles mangent, et laisser un peu de coté la maman fatiguée, vidée, stressée, malade ou triste, la maman qui crie, car il faut se préparer et aller toujours plus vite, plus vite.

Et puis même si je dois les punir de temps en temps et les mettre au coin, car elles me collent 40 stickers sur le parquet de leur chambre ou font des confettis avec leurs livres, je vais continuer à les regarder de loin, les larmes aux yeux de rire ou de remords, car être parent c'est aussi cela... Les élever.