vendredi 24 juin 2011

Le Terrible Twos ou les prémices de la crise d'adolescence...

Non, je ne suis pas morte! Seulement en train de me dessécher devant mon ordinateur en rédigeant mon mémoire de Master...

Tout va bien chez nous, mais je dois bien avouer que ce que je redoutais depuis quelques temps déjà est en train d'arriver: la crise des 2 ans, communément appelée par les anglo-saxons The Terrible Twos.
Je vous conseille la lecture d'un article intitulé Comment réussir son Terrible Two, j'ai failli en faire pipi dans ma culotte tellement il est réaliste. J'en suis arrivée à la conclusion que nos enfants se donnent le mot dans la cour de la crèche, car les symptômes sont trop identiques pour être honnêtes. Je n'ai malheureusement pas trouvé comment gérer cette fameuse crise et ai donc pris le parti de prendre mon mal en patience même si je me dis parfois que je risque de partir 2 ans à l'étranger lorsque la crise d'adolescence va pointer le bout de son nez.
Je vous propose une version vécue de notre Terrible Twos et je me permettrai d'emprunter quelques termes à l'article que j'ai cité car ils sont trop criants de vérité pour en inventer d'autres.

La crise Hollywoodienne ou la Grande Scène de l'acte II

Maman n'a pas voulu me donner mon biscuit préféré, ou du moins elle n'a pas compris les divers grognements que j'ai proférés alors qu'elle me présentait dix paquets de biscuits différents. D'ailleurs, le biscuit que je veux n'existe pas. Je me jette donc par terre, de préférence la face collée au sol, afin que ma bave atteigne les carreaux le plus rapidement possible. Je hurle afin d'évacuer l'indignation, la colère et la tristesse qui m'envahissent soudainement. Je suis Phèdre, plus rien n'existe que ma douleur psychologique. Parfois, je relève un peu le coude dans lequel j'ai enfoui mon petit visage, afin de vérifier que mon public est toujours attentif. Merde. Elle est "patie".

La crise molle

Je suis un chamallow. Je ne peux plus marcher. Mon corps est dans un état de détente totale et je m'abandonne doucement à la gravité. Pas trop quand même parce que sinon boum. Mais bon, la main de maman est toujours là, ce qui me permet de faire un quart de tour avant dans ses genoux afin de la déstabiliser. Effondrée, je continue à me laisser aller et peux même aller jusqu'à accompagner ma crise molle d'une crise hollywoodienne molle. Merde, elle est encore "patie", elle continue son chemin nonchalamment, la morue. Prise de panique, je me lève et lui cours après, mais lorsqu'elle se retourne pour me donner la main, je m'effondre à nouveau. La vie est trop dure. En parlant de dur...

La crise dure

Je ne vais pas la laisser me mettre ma couche aussi facilement, non, je voulais continuer à lire Grazia tout en en mangeant un petit morceau. Mais comme elle insiste, je raidis tout mon corps, tends mes petits orteils en faisant les pointes telle une ballerine, crispe mes yeux, et franchement, si elle arrive à me changer avec mes fesses aussi serrées, elle aura de la chance. Je fais de même lorsqu'on veut me mettre sur ma chaise haute, mais j'écarte les jambes, afin qu'elle n'arrive pas à les faire passer. Pour la version "empêchage de me mettre dans mon siège auto", je m'arc-boute jusqu'à prendre la position du panier, il est maintenant impossible de m'attacher. 

La crise du non

Je ne veux pas manger. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas faire de bisou. Je ne veux pas prendre mon bain. Je ne veux pas donner la main...
Je continue la liste?
NON!!!

La crise d'identité sexuelle

J'ai décidé de sortir de la phase buccale et de goûter à tout ce qui m'entoure, tout particulièrement le terreau. La phase annale, c'est beaucoup plus rigolo! J'adore me toucher le kiki car il n'est que rarement accessible (quoique je parvienne maintenant à enlever ma couche toute seule pour faire pipi au lit, de préférence quand maman a mis mon alèse au sale car j'ai fait un vomi de poule sur les draps). Quel plaisir de m'enduire les doigts de caca, de me retourner pour mettre mes mains dans mes fesses (y a un trou, c'est bizarre, d'ailleurs j'ai essayé de mettre un doigt dans celui de ma soeur dans le bain l'autre fois, alors qu'elle se penchait en avant, elle n'a pas aimé). J'aime aussi agresser ma soeur et lui arracher son body pour toucher ces deux petites choses sur la poitrine, c'est marrant tout plein. Bien sûr, ma soeur, échevelée et victime d'une agression sexuelle, ne le prend pas très bien non plus, mais qu'importe!

La crise de folie pré-endormissement

La vie est belle, tout me réjouit, et lorsque maman se penche pour m'embrasser avant d'éteindre la lumière, je suis prise d'un fou-rire hystérique car je sais que c'est une feinte et qu'elle va me faire des chatouilles. Je me lève et cours d'un bout du lit à l'autre, me cogne la tête en tombant, ris, pleure, pendant que ma soeur, qui a découvert qu'elle pouvait pousser sa voix jusqu'à une stridence insupportable, fait des vocalises dans son lit. Cela me fait pleurer de manière systématique. Au bout de la dixième intervention des parents, elle arrive à pousser un cri proche de l'ultrason, à peine perceptible par les chiens et par moi, donc je pleure. Il est 21h30 et maman commence à ressembler à Amy Winehouse.

La fugue

Je ne veux pas donner la main, vous n'avez pas lu ce que j'ai mis plus haut? Alors j'en profite pour m'échapper dans la crèche à l'heure du départ, me pique un sprint dans le couloir en hurlant de rire car maman, telle Godzilla, me poursuit. Je me pète la gueule en me retournant pour vérifier si Godzilla est toujours là et enchaîne sur une crise hollywoodienne.


Voilà où nous en sommes, nous pauvres parents démunis face à tant d'inventivité. La seule chose qu'elles y auront gagné, c'est un abonnement à temps-plein au Club Mickey pendant les vacances, pour nous permettre de récupérer toute l'énergie que nous passons à calmer nos chamelles enragées.
Sinon, elles sont toujours aussi belles, toujours aussi drôles, toujours aussi éveillées, etc, etc...

Un petit bonus pour la route, Louise qui se prend pour Bartabas et se masque le visage pour effectuer des acrobaties sur son cheval à bascule. Elle aime également se promener dans l'appartement "à l'aveugle", heureusement qu'on a de l'arnica!