vendredi 23 décembre 2011

Le père Nonel est un clodo...



Je vous jure, c'est vrai.

Le pitch : Petit Chéri, Lily, Louise et moi dans la voiture, arrêtée à un feu rouge. 
Petit Chéri est en train de me parler d'un truc über sérieux lorsqu'un clodo habillé en Père Noël colle son faux nez contre la vitre côté Petit Chéri (qui ne se doute pas de ce qui se trame dans son dos). 
- Non, mais tu m'écoutes ou quoi? C'est quoi cette tête que tu me fais?
- Non, mais heuuuu c'est rien, c'est que…(essayant de lui dire télépathiquement que Santa Klaus est en train de nous demander 2 € pour aller s'acheter de la Villageoise)… Ben je sais pas moi… (essayant de lui dire avec mes yeux de se tourner). Et toi, tu en penses quoi toi, c'est si über sérieux que ça ?
- Non, mais ça va pas bien, pourquoi tu louches ? Oui c'est über sérieux, alors, tu en penses quoi ?

Quand… tout d'un coup, Lily, à la vue de cet énergumène hirsute et visiblement bourré, réagit enfin pour sauver sa mère :

- Papaaaaaa Nonel !!!!!!!!

Eh oui, c’est ainsi qu’une de mes filles a vu pour la première fois le père Noël, en 2011, année de crise.

jeudi 22 décembre 2011

C'est Nonel...


Je constate que, comme chaque année, les quatre mois qui séparent mon anniversaire fin août pour nous amener à Noël passent à une allure incroyable. Je me couche un beau soir de fin d’été, pour me réveiller un matin d’hiver, sous un plaid, dans le froid, avec un sapin qui clignote dans le coin du salon. Comme dans le film La Buche, je trouve que Noël est une fête magnifique lorsqu’on est enfant, et lorsqu’on a des enfants. La période entre les deux a été une période triste pour moi, j’ai détesté toutes ces années sans amoureux, sans enfants qui courent partout, me bavent dessus et regardent le sapin en me disant "cé bo maman". A présent je suis comblée.
Après 3 mois de convalescence me voilà enfin sur pieds, je viens de démarrer en tant que traductrice... Une nouvelle année s’annonce, pleine de nouveaux challenges.
J'aimerais avoir plus de temps pour vous parler de Lily & Louise qui poussent comme des champignons, vous raconter leurs progrès de langage, leurs bêtises, les fous rires qu'elles nous font prendre, l'épuisement constant aussi, malheureusement. Nous avons droit à des bababar pour Barbapapa, Papa Nonel, coconelle pour coccinelle, Cayole pour m'appeler par mon prénom, genre "hé, Cayole, tu te bouges de devant Bambi, j'y vois rien, et tant que tu y es, un biberon au chocolat seutpl'!" Danelle pour appeler leur mamie Danielle ("hé Danelle, tu fais péter une tatine de fromage seutpl ?). Elles comprennent l’anglais parfaitement, Lily aime peu le parler, mais Louise aime bien : « Ze mooooooonnne mummy, ze moooooooooone », car elle est fascinée par la lune. Ou alors elle mélange les deux langues et me tend un visage de merlan frit baveux et morveux pour me dire bisous mouth. Et moi je fonds et m’essuie discrètement la bouche après ce bisou divin.
Elles ont été en pleine forme jusqu'à la mi-décembre, ce qui prouve que leurs défenses immunitaires commencent à bien fonctionner. Lily a eu une varicelle light (la varicellight), pas de fièvre, peu de boutons, on l'a échappé belle ! Du coup on va voulu la filer à Louise, comme beaucoup de parents, mais rien, elle ne l'a pas attrapée... Ce n'est pourtant pas faute de les voir se faire des bisous baveux sur la bouche toute la journée ! Il parait qu'aux US, les parents font des chickenpox parties pour que leurs enfants l'attrapent et s’en débarasser. C’est particulièrement mieux qu’ils l’aient l'hiver, car ils sont couverts et se grattent moins, ce que je peux comprendre, et surtout le plus tôt possible après 2 ans. Et là, nous venons de faire copain-copain avec la laryngite qui vient de virer en otite surinfectée pour Louise LA SEULE SEMAINE DE VACANCES A LA MAISON POUR PETIT CHÉRI ET MOI DEPUIS QU'ELLES SONT NÉES. Merci la vie.


Sinon, et bien, je vais vous parler de mes derniers coups de cœur, je préfère garder mes coups de gueule et mes coups de tristesse pour le début d'année, j'en ai quelques-uns sur la patate...


Mon syndrome Imelda Marcos ne s’est pas amélioré, je suis en passe de me faire interner pour mon obsession sur les chaussures (surtout quand on pense que je bosse chez moi et que je pourrais bien rester en pyjama et chaussons et que tout le monde s'en tamponnerait le coquillard). Tout a commencé avec une paire de bottes de pluie Hunter que j'adore, le problème c'est que dans le Sud, tout le monde a un peu tendance à se foutre de ma gueule, du style "hé, tu vas à la pêche aux moules?". Non je vais à Glastonbury gros con, et je suis trop divinement fabuleuse pour que le misérable vermisseau que tu es ose même me parler ! Bref, elles sont chouettes, chères, certes, mais bon, quand il pleut, quoi de mieux que des bottes de pluie qui vont me durer très longtemps ? 
Pour ceux qui ne savent pas, les Hunter sont les it-boots de pluie depuis quelques saisons déjà, et sur  Ashley Olsen, ça donne ça:


Bottes Hunter  ASOS  103 €


Chez moi, ça donne ça, avec ma paire d'Adidas ramenée de Londres, mes Minnetonka et mes Hunter, mon trio gagnant pour l'hiver (pardon pour la photo pourrie):




Je sais que tout le monde n'aime pas les Minnetonka mais tant pis pour eux, moi je m’en fiche de ressembler à Pocahontas ! Je n'en pouvais plus de mes Uggs que je n'ai pas quittées pendant 2 ans, il me fallait quelque chose de confortable, et mon vœu a été exaucé. J'ai l'impression d'être un chat doté de coussinets quand je les mets, elles sont hyper confortables et avec un slim, elles sont parfaites, Nicole Richie nous le prouve ici :


Bottines Minnetonka  eBay  99 €



Si vous en cherchez, aller voir ici, la commerçante eBay est super sympa, très pro et dévouée, et j'ai vraiment envie d'encourager tout le mal qu'elle se donne pour satisfaire des shoe junkies comme moi ! 


Sinon, sinon, je dois aussi avouer avoir acheté des derbies Jonak de printemps, juste avant Noël (ça s'aggrave docteur) mais elles seront parfaites pour le réveillon avec leur petit finish doré. Elles sont beeeeeeeeeeelles ! J’ai envie de les mettre, là, tout de suite et de danser le Lac des Cygnes dans l'appart :


Derbies Jonak – Sarenza – 69 €

Et puis hier soir, hier soir, j'ai découvert le blog de Coline, et il m’a beaucoup inspiré, j'ai donc passé une commande ASOS au Papa Nonel:


Jean évasé  ASOS  33,63 €

Chaussures compensées burgundy  ASOS  50,44 € au lieu de 87,43 €

Chemisier à pois avec nœud  ASOS  26,23 € au lieu de 40,35 €


Longue écharpe basique  ASOS  16,14 €


Côté déco, mon dernier coup de coeur a été une couronne de papillons en papier journal de chez Etsy:


Wing of Butterfly Wreath  Etsy  30 €


Elle est magnifique, je viens de la recevoir, cela a pris quelques semaines, car elle est faite à la main aux US, mais cela valait le coup de l'attendre. Il faut malheureusement prévoir des frais un peu plus chers qu'en France, ce qui fait la couronne à 30 €, mais honnêtement, un si bel objet de décoration fait main, pour moi, ce n'est pas si cher que ça. Allez faire un tour sur Etsy, c’est un site de vente d’artisans et d’artistes où l’on peut trouver des idées mode et déco à petit prix. 


Pour finir, un cadeau d'une amie très spéciale qui est censé me porter bonheur pour ma nouvelle carrière. C'est une Kimmidol, elle trône sur ma table de nuit et s'appelle Eika (réussite). Elle incarne la persévérance et l'optimisme. C'était un cadeau parfait pour quelqu'un comme moi qui change de carrière et se tourne vers l'inconnu, j'aime !




Joyeux « Nonel » à tous, profitez bien des fêtes, j’essaierai de revenir avant le Nouvel an, sinon, rendez-vous avec future me en janvier !

jeudi 27 octobre 2011

Quelques tendances automnales en vrac...

Ma convalescence a cela de positif qu'elle me laisse plus de temps pour poster, profitons-en! Je suis passionnée par la mode et reste une maman coquette, et même si je sais que d'autres blogueuses en parlent mieux que moi, je vais quand même vous parler de mes coups de coeur...

Je ne parlerai pas vraiment de chaussures, car mon amie MissG* propose une édition spéciale sur les tendances Automne-Hiver, je dirais juste oui aux ballerines! Pour le début de saison et le printemps prochain, j'ai opté pour une paire de ballerines saumon de chez Topshop. Dix fois moins chères que des Repetto, encore plus confortables (bon OK elles ne sont pas en cuir, mais qu'importe), mais ce que j'ai aimé chez elles, c'est qu'elles me faisaient penser à mes chaussons de danse classique. Parfaites avec un boyfriend jean ou un slim rouloté!

Ballerines Topshop - 20€

Encore et toujours, oui aux loafers (les miens sont en daim bleu marine, mmmmoua je les aime), et surprise surprise, j'ai craqué pour une paire de Minnetonka (je vends mes fripes sur eBay et sponsorise ainsi mes nouveaux achats sur des choses que je mettrai vraiment, dans le but d'en avoir moins, et qui ne dorment pas dans mon placard). C'est Garance Doré, dans son excellentissime blog (courrez faire sa connaissance si ce n'est déjà fait), qui a lancé l'idée, 5 ans après tout le monde. Minnetonka ce sera donc pour moi cet hiver, et qui sait, peut-être lancerai-je une tendance en France où elles sont peu connues? Il ne fait nul doute que j'ai opté pour le confort avant tout (vie de maman active qui court chercher ses puces à la crèche en Louboutin, très peu pour moi).


Bottes Minnetonka - eBay - 99€

En ce qui concerne les vêtements, pas grand-chose à dire sur les pantalons, j'ai beau aimer les carrot pants ou cargo pants, je ne suis bien qu'en jean (boyfriend, slim, jegging,  bootleg, pas de flare pour moi, on dirait une saucisse). Mais question hauts, il y a deux tendances que j'aime, dont une que je suis déjà depuis quelques années. Il s'agit de LA fameuse chemise, à carreaux si on ose, mais dans toutes ses déclinaisons, ceinturée, manches retroussées ou pas, elle est vraiment intemporelle.



Chemise Mango - 34,95€

La deuxième tendance, il faut oser, mais j'ose toujours, c'est le col Claudine. Bon, OK, ce n'est pas facile à porter et si l'on ne veut pas ressembler à une élève du couvent des Oiseaux, il faut l'accorder avec une tenue un peu rock (slim et bottes de moto par exemple, ou perfecto en cuir). Si vous aimez cette tendance, je vous conseille d'aller sur le site d'ASOS, il y en a des dizaines de modèles. Quant à moi, j'ai craqué sur le modèle suivant qui a eu beaucoup de succès, et qui en plus vaut moins de 15€!


Robe jersey ASOS - 13,05€

Pour le froid, je suis parée depuis l'hiver dernier, ce sera caban bleu marine Gap pour le moyen froid:


Caban Vanessa Bruno collection 2010- Certainement cher, mais c'est pour vous donner une idée du style

Et pour le grand froid, ce sera doudoune ultrachaude et très stylée (bien plus rock en vrai, et l'intérieur est hyper funky) à un prix exorbitant, certes, mais je vais la garder pendant au moins une décennie, même si ce n'est plus la mode, car je me sens comme un lapereau enfoui dans la fourrure de sa mère quand je suis dedans. J'ai affronté avec elle l'hiver glacial d'Avignon pendant mes études, et je peux vous dire que je remerciais tous les jours le Dieu de la mode de me l'avoir fait acheter. Vous trouverez des versions nettement moins chères chez ASOS.


Doudoune Paul Frank - 179€

Pour finir, ma dernière folie capillaire, en proie de devenir THE tendance de l'hiver (déjà en vogue outre-Manche et outre-Atlantique depuis pas mal de temps), c'est le balayage tie & dye. Daphnée Burki a lancé la tendance il y a un moment, mais c'est un peu trop blond, je préfère la version d'Alexa Chung (et de toute façon Alexa Chung est tellement sublime dans tout que c'est MA fashion icon préférée):


That's all folks for today, j'espère que ces tendances vous plairons, osez, osez, osez, cette année, la mode est riche et versatile, et en plus abordable selon les modèles choisis!


vendredi 21 octobre 2011

Do’s and don’t de la maternité...

Si toi aussi lectrice chérie, tu as un jour rêvé d’être une mère et une femme parfaite, alors ceci va t’intéresser, car je détiens le Graal de la maternité et de la féminité. Oui, j’ai toutes les réponses, alors ouvre bien grands tes yeux, chère lectrice,  et lis attentivement ce qui suit.

Alimentation pendant la grossesse


Si les médecins/gynécopains/amies/inconnus t’ont toi aussi rebattu les oreilles avec le poids que tu allais prendre ou que tu avais pris pendant ta grossesse, ce paragraphe est pour toi, sister. Que n’ai-je entendu de futures mamans me dire qu’elles n’osaient même pas manger une pomme pour le goûter, car c’était "trop sucré" (dixit le médecin). Ah ah, trop sucrée, une pomme!!! On voit bien qu’ils n’ont jamais été enceints les gynécos!!! 500 gr de Nutella mangés à la petite cuillère, moi je trouve que c’est légèrement sucré, mais une pomme, non. Alors occupez-vous de vos fesses et non des nôtres, et sans entrer dans un délire d’auto-satisfaction nutrionnelle et faire de votre fœtus un futur candidat au diabète ("Ouais, je mange pour 2 moi, même 3, alors j’ai le droit de me faire un cassoulet au chocolat pour le petit déjeuner et je t’emmerde"), détendez-vous du string les filles. J’ai perdu 3 kg après avoir accouché, 3kg!!! Même pas le poids de mes filles prématurées, des placentas et du liquide amniotique! J’avais envie de me pendre, car tout le monde m’avait dit qu’on perdait très vite du poids après l’accouchement si on allaitait. Belle blague, j’ai été capable de poser mes seins sur mon ventre pendant des mois. Ben oui, c’est ça la maternité, des jolis petits plis de shar-pei un peu partout. Les nanas qui ressemblent à Victoria Beckam ou Rachida Dati après le marathon d’une grossesse et d’un accouchement, j’aimerais bien leur demander à quoi elles carburent. Ces fameuses Mommyrexic, comme les appellent les Anglo-saxons. Prennent-elles 15 Dolipranes codéinés par jour + 40 Spasfon pour pouvoir marcher en Louboutin? Mangent-elles une graine de lin, une amande et un grand verre de citron chaud le matin pour la détox, 10 gr de poulet grillé à midi avec une feuille de salade verte, et le soir, 30 gr de riz complet sans matière grasse ? Ouaaaaaais. J’ai fini par perdre du poids, mais ça a pris du temps, mon corps a changé, et je m’en fous.

Activités sportives pendant la grossesse


Sieste de type "Bouche ouverte + nez écrasé"

Rappelez-vous de mon activité sportive préférée pendant la grossesse (entre 2 vomissements). Pendant la sieste, je vous conseille de vous tourner souvent vers la droite, puis vers la gauche, et puis de vous mettre un peu sur le dos aussi. De préférence pendant Amour, Gloire et Beauté que j’ai suivi subliminalement pendant toute ma grossesse. Je n’ai jamais vu la tête des acteurs, mais mon inconscient a vaguement gardé en mémoire les aventures de cette série soporifique, un must. Il y a aussi les documentaires animaliers, et le seul fait de voir un lion dormir sous un arbre dans la savane me faisait plonger dans un profond sommeil. Ces belles mamans américaines qui font du Pilates pendant toute leur grossesse, font du jogging, de la natation, du yoga, etc., me font bien rire, car visiblement elles n’ont que ça à faire, s’occuper de leur corps. Attention, je ne trouve pas malsain de s’occuper de son corps, mais virer dans le narcissisme exacerbé quand on est enceinte, je trouve ça grave. Les femmes qui font appel à des mères porteuses pour ne pas abîmer leur corps, ça me donne envie de vomir. Moi, j’avais 2 bébés dans le ventre, il faisait chauuuuuud, mais chauuuuuud l’été 2009, alors je n’ai pas fait de Pilates, et j'ai mangé quand j'avais faim. J’ai pris le temps de vivre et d’apprécier ma grossesse même si ce n’était pas facile, et je n’ai pas fait de ma vie un planning d’executive woman qui se prend la tête pour ne pas trop grossir. J’ai vécu sereinement pendant 7 mois, et ça m’a plutôt bien réussi.

Un accouchement parfait et indolore

Non, ce ne sont pas des couverts de salade de Philippe Starck, mais des spatules gynécologiques de Thierry

Pardon à celles qui prônent un accouchement naturel et sans péridurale – mais ça va pas ou quoi la tête??? Vous demandez au dentiste qu’il ne vous fasse pas d’anesthésie quand il vous arrache une dent, histoire de mieux sentir la douleur??? – Pardon, ça m’a échappé, pourtant dieu sait si je suis tolérante, mais ça, c’est quand même une chose que j’ai du mal à comprendre. Ayant moi-même chié deux (petites) pastèques en l’espace de 9 minutes, et n’ayant plus senti les effets de la péridurale dans le bas de mon corps au moment de l’expulsion, j’ai senti l’obstétricien me foutre les couverts à salade dans la partie noble de mon anatomie et je peux vous dire que j’ai eu envie de lui arracher la tête avec mes dents. J’ai aussi senti les pastèques sortir et j’ai eu mal au cul, mais alors très mal au cul, pendant longtemps. Si mal d’ailleurs que je ne me suis déplacée qu’en fauteuil roulant pendant une semaine, que j’étais comme Docteur House, accro à mes médocs (sauf que moi c’était du Spasfon et non de la Vicodine) et que ma meilleure copine a été ma bouée Mickey, afin d’éviter que mes fesses touchent quoi que ce soit lorsque je m’asseyais. J’ai même demandé 2 péridurales à l’anesthésiste, je trouvais cela légitime car j’allais avoir deux bébés, mais il n’a pas voulu. Pour celles qui rêvent d’un accouchement naturel avec huiles essentielles, baignoire à bulle, massage, musique douce et cris de dauphins en fond sonore, moi j’ai eu 12 personnes autour de moi (enfin autour de mon vagin au bloc), je crevais de soif, tout le monde était gentil, mais on n’a pas vraiment fait de la méditation transcendantale pendant que je donnais la vie.

Rééducation du périnée


J’y suis allée une fois alors que je dormais 3h par 24h en discontinu les premiers mois. Lorsque ma sage-femme a commencé à mettre son doigt là où je pense et à me parler de portes d’ascenseurs qui s’ouvrent et se ferment, je me suis endormie, je vous jure, je n'ai pas fait exprès, parce qu'en plus elle était super gentille ma sage-femme. Mais elle a eu pitié de moi et m'a dit de revenir quand ça irait mieux. Une heure par semaine pendant 10 semaines à consacrer à mon périnée alors que je ne consacrais même pas 5 minutes à ma petite personne, ce n’était simplement pas possible. Je n’y suis jamais retournée, mais mon périnée va bien, merci, et si vous vous demandez si je fais pipi dans ma culotte quand j’éternue, c’est bon.


Alimentation après la grossesse


Elle a été très simple pour moi vu que nous passions beaucoup de temps en néonat les premiers temps (MacDo sur le chemin du retour), et quand nous sommes rentrés et que Petit Chéri m’a assistée dans l’allaitement exclusif des jumelles, il y avait un truc qu’on aimait bien avant d’aller se recoucher, c’était le chocolat au lait avec 15 cuillères de Nesquik dedans. Enfin pas vraiment 15 cuillères, mais ça vous donne une idée. La knacki froide en cas d’hypoglycémie était aussi parmi nos préférés. Alors bien sûr j’ai mis 1 an à perdre mes kilos en trop, mais franchement je ne vois pas comment j’aurais pu faire des repas diététiques à ce stade ma vie, une espèce de no man’s land un peu flou où on se croisait beaucoup en pyjama Petit Chéri et moi, et où n’avait pas un iota de force pour cuisiner quoi que ce soit.


Reprise du sport après la grossesse


Aaaaah lectrice chérie, tu dois penser qu’avec un corps de rêve comme le mien, j’ai repris Pilates/natation/danse classique/vélo/roller très rapidement après avoir donné la vie. Mais oui, tout à fait! J’ai pris l’exemple de Jennifer Lopez qui se lève à 4h du matin pour faire 3h de sport avant d’aller réveiller les jumeaux à 7h (tout le monde sait que j’ai une salle de sport et un coach privé chez moi). Comme Jessica Alba, j’ai repris le sport un mois seulement après avoir accouché, quitte à me taper un bon prolapsus (descente d’organe, du genre où tu retrouves ton utérus dans ta culotte, car tu as un peu trop forcé sur l’accrobranche). Mais comme Nicole Kidman, qui n’avait pris que 8 kg pendant sa grossesse (pour 1,83 m, c’était tout à fait raisonnable, et non, elle n’a pas fait de régime, j’en suis sûre !), j’avais déjà un corps de nymphe en sortant de la salle d’accouchement, tu penses bien.


Maternage : cododo, écharpe de portage, alimentation bio

Je me suis emmêlé les pinceaux en essayant une écharpe de portage et j’ai eu peur de faire des nœuds que je ne pourrais pas défaire et de rester coincée. On nous a prêté des porte-bébés pour les sorties (car bien sûr je sortais tous les jours avec mes bébés prématurés, qu’il pleuve, qu'il vente ou qu’il neige, juste pour leur faire respirer de l’air frais, comme le préconisait Tata Suzanne, avec un bon -5° dehors). En fait des fois j’aérais, mais je n’avais pas envie de me geler les fesses dans la rue, seule, avec deux bébés qui dormaient et n’avaient aucune conscience d’être dehors ou dedans, alors je me suis dit que je ne sortirais que si cela me faisait plaisir à moi aussi. On a donc attendu les beaux jours, car je ne voyais pas l’intérêt d’emmitoufler deux bébés comme des Eskimo, juste pour dire que j’étais sortie. En ce qui concerne le cododo, on ne l’a pas fait. Je pensais qu’on prendrait les puces dans notre chambre les premiers mois, mais elles sont allées dans la leur fissa quand on s’est rendu compte qu’elles faisaient même du bruit quand elles dormaient. Vous savez, le bruit de quelqu’un qui mange un caramel bruyamment, la bouche ouverte? Essayez de dormir avec ça en fond sonore. Et vous qui vous vous précipitez sur le berceau justement car il n'y a pas de bruit et que vous angoissez sur la mort subite du nourrisson. En ce qui concerne l’alimentation bio, comment dire … J’ai appris dans l’excellent Que Choisir que pour un surcoût de 25% de production de l'alimentation bio, il y avait 100% d’augmentation du prix. Autant vous dire qu’on a zappé le bio et qu'on n'est pas des lapins de trois semaines.

Voilà, tout est dit, on voit que j’ai suivi  à la lettre ce qu’on m’a dit ou ce que j’ai lu, mettant totalement de coté mon libre-arbitre, car tout le monde sait bien qu’une future mère n’a pas assez de neurones pour prendre sa vie en main et faire ce qui est bon pour elle et son enfant à naître. Adeptes du maternage, mamans ayant plus de principes que moi et étant capable de les tenir, pardonnez-moi si je vous ai offensées, mais je suis ce que je suis. 
Mon prochain post abordera les do’s and don’t de la parentalité, je suis sûre que vous allez adorer, car vous voulez comme moi, être une mère parfaite non ?


mardi 11 octobre 2011

Plaisir et parentalité...



J'ai beaucoup réfléchi au principe de plaisir et de parentalité ces derniers jours et la sortie du film Un heureux évènement m'a fait me rappeler les paroles du personnage du roman d'Éliette Abecassis, dont le film est tiré: "Pourquoi ne m'a-t-on rien dit?". C'est également le propos du spectacle de Florence Foresti, Mother Fucker, lorsqu'elle parle de la "brigade des nurses", qui empêche toute jeune mère de parler de grossesse, d'accouchement ou d'épisiotomie, sous peine de voir la race humaine s'éteindre en moins de 50 ans... Pourtant, j'imagine que ce film, comme le livre, est loin de vouloir donner des leçons ou de donner envie aux femmes de se faire ligaturer les trompes.

Vous êtes certainement en train de vous dire, "Allez, c'est le râlage mensuel de Mafalda, elle va encore se plaindre". C'est pas faux! Des petits soucis de santé m'ont mise au repos forcé pendant plusieurs semaines, juste après mon oral de Master, et nous savons bien que si le repos d'une maman signifie plus de temps pour faire des lessives ou pour commander des couettes de lit bébé pour l'hiver, il est aussi parfois propice à la réflexion.

J'ai beaucoup parlé de mes difficultés de maman de jumelles et j'ai partagé avec vous, lectrices et lecteurs chéris, mes crises de joie et de folie quotidiennes. Et souvent, mon propos se résumait à cette question: "Pourquoi ne m'a-t-on rien dit?". Les parents de jeunes enfants m'ont souvent dit "C'est que du bonheur, tu vas voir, c'est fantastique!" – Beurk, déjà je déteste cette expression, "que du bonheur"– Et à cela je répondrai toutefois que oui, c'est sans l'ombre d'un doute un bonheur infini, et c'est même mille fois plus fantastique que ce que je m'étais imaginé. Mais pourtant, personne n'a eu l'honnêteté de finir la phrase en me disant "... mais tu vas voir comme tu vas en chier!".  

Au début, on m'a dit que cela deviendrait plus facile quand on serait sortis du service de néonat où les petites sont restées pendant 6 semaines. Ensuite, on m'a dit que cela serait moins fatiguant au bout de trois mois. Alors on a attendu 3 mois, et puis 3 mois de plus pour qu'elles fassent leurs nuits, et cela s'est un peu arrangé. J'ai connu une courte période bénie d'un mois, quand elles avaient 9 mois, pendant laquelle elles ne marchaient pas encore, jouaient sur leur tapis sagement, faisaient leurs nuits ainsi que de longues siestes, étaient en super forme, et du coup moi aussi. Malheureusement, cette période bénie a été de courte durée, car nous avons entamé avec leur rentrée à la crèche un combat sans merci contre les maladies infantiles. Six mois de cauchemar pendant laquelle Petit Chéri travaillait 12 h par jour et moi de même, à courir entre la fac d'Avignon et mon domicile, à travailler jour et nuit et même le week-end pour faire "mes devoirs" pendant qu'elles dormaient. Notre vie, comme pour les six premiers mois de vie de nos filles, tournait à 90% autour de l'intendance. Nous étions en "mode survie" comme le dit si bien Petit Chéri. On a tenu bon, on n'avait pas le choix.

Pas de période bénie entre les maladies infantiles et le Terribles Twos, donc pas de break... On est passés d'une période horrible à une période ingrate. Entendez-moi bien, je continue à penser que le plaisir est dix fois plus grand que la difficulté lorsqu'on a des enfants, mais le problème c'est qu'il est aussi souvent dix fois plus rare. Cependant, ce sentiment d'être plus une intendante qu'une maman, toujours dans l'urgence, en mode automatique, car il faut soigner, faire les courses, faire à manger, laver le linge, faire le ménage et travailler, fait que les moments passés avec nos enfants peuvent parfois ne sembler qu'une contrainte de plus. Les repas sont souvent stressants, car les petites sont très fatiguées après 10h de crèche, c'est donc Petit Chéri qui les fait manger, moi je m'occupe de la toilette et du change avant de les coucher. Et puis maintenant il faut qu'elles se brossent les dents, qu'elles aillent au pot, mais j'ai beau aimer leur lire des histoires pendant le "potty training", j'avoue que maîtrisant l'art de changer une couche plus vite que mon ombre, je trouve ça allait plus vite avant.

Plus vite. Voilà le problème. Nous avons constamment la tête dans le guidon et tellement de choses à faire, sans parler des séries noires et petits soucis quotidiens: coupure d'ADSL depuis 2 mois alors que je travaille à la maison, disque dur de mon PC qui lâche et perte de données, ballon d'eau chaude qui claque, télé qui pète, voiture en panne, et pour finir, un dégât des eaux. Bref, de quoi ajouter un peu plus de stress à notre quotidien qui n'en manque pourtant pas.

C'est ainsi que depuis ce repos forcé, pas forcément moins speed ni stressant que la vie courante, car je continue à courir partout clopin-clopant, je me rends compte à quel point je passe très souvent à côté de l'essentiel et que je vais finir par dire comme tous les parents que c'est passé trop vite et qu'on n'en a pas assez profité. Et une culpabilité de plus, une! Ces moments bénis qui ponctuent notre vie, mais que l'on ne voit pas forcément, que l'on n'est pas non plus toujours enclins à partager, car on est trop fatigués, trop énervés, trop tout, tout le temps... J'ai conscience que ceci est le lot de la plupart des parents et que ce sentiment de culpabilité qui vient parfois nous titiller, nous le partageons tous, mais bon. Soupir.

Cela fait cependant 2 semaines que mes filles sont absolument adorables et je profite de ces moments extraordinaires, car je sais qu'ils ne durent jamais bien longtemps et de manière aussi forte. Mes paroles ci-dessus vous ont peut-être choqués, car on attend souvent des mamans qu'elles soient "sur un nuage de bonheur" en permanence et non qu'elles disent ce qu'elles ont sur le coeur. Mais c'est vrai, je profite de ce pur bonheur si rare où mes filles sont en bonne santé, en forme, relativement sages et surtout en même temps (et je parie que le seul fait de le dire aujourd'hui va entraîner la fin radicale de cette période bénie!). Peut-être ont-elles compris que je suis fatiguée, elles savent que j'ai "bobo" et elles me couvrent de câlins toute la journée, jouent avec moi mais sans m'accaparer, m'aident à ranger leur linge sale, leur vaisselle, mettent des choses à la poubelle quand je le leur demande, mangent bien et sans crise et me voilà dans une euphorie totale. Elles sont toutes fières de grandir et de m'aider, et elles me montrent combien elles m'aiment. Je me sens amoureuse de mes filles, même si je les aime en permanence, mais cette période est absolument formidable et je veux être capable d'en profiter le plus possible et de pouvoir le faire plus souvent, car c'est aussi l'état physique et mental des parents qui détermine l'état physique et mental des enfants. J'ai conscience que si les grands-parents profitent pleinement de leurs petits-enfants, c'est qu'ils n'ont pas les mêmes contraintes que nous, parents, et qu'eux aussi ont certainement raté plein de choses lorsque nous étions petits et que c'est maintenant qu'ils profitent pleinement de cette petite enfance si belle et si riche. Le plaisir à coté duquel ils sont peut-être un peu passés quand nous étions nous aussi des nains.

Bientôt, cette période bénie va se terminer, mais je vais profiter de ces moments qui nous permettent de recharger les batteries pour affronter ce quotidien ô si joyeux!

Je vais continuer de rire aux éclats quand Lily, folle du pot et des toilettes, mais incapable de pisser 3 gouttes quand elle y est, est tellement excitée et impatiente que le pipi arrive qu'elle se penche trop en avant et atterrit sur le front. Et boum la tête! Je vais continuer à lui lire l'Auto-Journal, Elle ou le catalogue de Picard, ses journaux préférés, avec une tête étonnée, comme si les framboises et les chaussures étaient un miracle absolument incroyable à observer et à commenter. Je vais la laisser faire des pipis de chat partout dans l'appartement, car elle est une naturiste dans l'âme et aime courir partout et chevaucher sa chenille à bascule à poil. Et surtout, la laisser enfouir son petit nez dans mon cou quand elle se laisse aller à la tendresse la plus folle avant le coucher.

Je vais continuer à regarder Petit Chéri faire danser la valse à Louise après le repas, chanter avec elle "Scions du bois", la bouffer de bisous jusqu'à ce qu'elle hurle de rire, lui manger les petons quand je la change, continuer à faire Godzilla et la poursuivre dans tout l'appartement, juste pour voir cet air de panique réjoui qui fait qu'elle ne sait pas si elle doit partir dans la direction opposée ou se jeter dans mes bras pour que je la protège. Et renifler son haleine de petite fille le matin, quand elle appuie sa tête contre mon épaule et qu'elle a la même coupe que Robert Smith en 1985.

Leur faire des "tatines" le matin et m'asseoir pour les manger avec elles, faire des câlins sandwichs allongée avec 24 kg de bébé sur le ventre, les emmener manger une brioche en famille sur le port le samedi matin avec leur papa, car c'est mon moment préféré de la semaine, faire le clown quand elles mangent, et laisser un peu de coté la maman fatiguée, vidée, stressée, malade ou triste, la maman qui crie, car il faut se préparer et aller toujours plus vite, plus vite.

Et puis même si je dois les punir de temps en temps et les mettre au coin, car elles me collent 40 stickers sur le parquet de leur chambre ou font des confettis avec leurs livres, je vais continuer à les regarder de loin, les larmes aux yeux de rire ou de remords, car être parent c'est aussi cela... Les élever.


vendredi 2 septembre 2011

La complicité des jumeaux...


Lorsque l'on m'a annoncé que j'étais enceinte de jumelles, je dois avouer que la part de fantasme concernant la maternité a été largement amplifiée en ce qui me concerne. Je naviguais dans un océan hormonal en imaginant mes filles allant à l'école, étudiant à Harvard, jouant de la guitare, faisant du chant, devenant vétérinaires, faisant le tour du monde... (bon les puces rassurez-vous, vous ferez ce que vous voudrez tant que cela vous rend heureuses, ne vous inquiétez pas pour moi).
J'étais aussi perdue dans mes préjugés et clichés concernant la gémellité, pensant qu'elles dormiraient ensemble dans leur couveuse, puis chez nous, unies comme les doigts de la main dès la naissance, etc, etc. Bref, je ne savais rien sur les jumeaux.

Quelle n'a pas été ma surprise de constater que mes filles ne se calculaient pas du tout quand elles sont nées!!! Et bien oui, elles ne savaient pas qu'elles avaient des pieds, encore moins une mère ou un père, alors leur soeur, vous pensez bien qu'elles s'en foutaient! Elles semblaient même se gêner lorsqu'elles étaient toutes petites, particulièrement lorsqu'elles étaient au sein et que Lily s'est mise à donner des coups de pied à Louise et a rendu impossible la tétée double.

Ce n'est que vers 5 mois qu'elles ont commencé à se dire "tiens, qui c'est celle-là?", mais sans plus se calculer. Petit à petit, elles ont commencé à se renifler, se sourire, et elles ont fait comme deux personnes qui ne se connaissent pas, elles ont appris à se connaître. Je ne sais pas ce qui nous fait croire que les jumeaux se connaissent tellement bien depuis toujours, comme s'ils avaient eu de longues conversations philosophiques in-utero! Elles ont commencé à être vraiment proches lorsqu'elles sont allées à la crèche et je dois avouer que cela a été un immense soulagement pour moi de les savoir toutes les deux, et je pense que cela a apaisé mon angoisse de les laisser "seules" pour la première fois. Mais elles n'étaient pas seules, et là était toute la différence. C'est là que j'ai commencé à les envier, à me dire que toutes ces petites et grandes étapes de la vie, elles allaient les vivre ensemble. J'ai tout à fait conscience qu'elles risquent de trouver cela très pénible à certains moment et qu'elles vont désirer vivre les choses pour elles, mais tout de même, qui n'aurait pas aimé avoir un frère jumeau ou une soeur jumelle le jour de la rentrée en 6°, lorsqu'on tremble comme une feuille et que l'on serre la main de sa maman très fort sans vouloir la lâcher?

On ne peut toutefois pas nier que mes filles sont très différentes. Déjà, elles ne se ressemblent pas du tout physiquement. L'une est bouclée au teint mat et l'autre a les cheveux raides et le teint pâle. L'une est potelée, l'autre plus fine - et pourtant ce n'est pas celle qui mange le plus qui est la plus rondelette - leurs goûts sont différents sur pratiquement tout, leurs caractères sont également très différents, et je dois avouer que cela me plait de les voir ainsi. Je n'aurai pas voulu élever deux clones habillés pareil et j'ai toujours tout fait pour cultiver leurs différences, leurs particularités.

Lily est un vrai petit chameau d'amour, ouverte à la vie, observatrice, joueuse, malicieuse, avide d'apprendre et pressée de grandir, déjà ultra compliquée, parfois trop, et elle n'a pas encore 2 ans. Louise a les pieds sur terre tout en étant rêveuse, c'est à dire qu'il faut que ses besoins essentiels soient satisfaits - maman, câlins, bouffe, dodo, jeu - mais qu'elle a la tête en l'air, vit dans son monde et adore se recouvrir le corps de stickers. Je sens qu'elle va nous demander son premier tatouage à l'âge de 5 ans.

Je dois dire que si Lily adore sa soeur et la couvre de câlins depuis quelques temps déjà, on sent bien qu'elle aurait aimé être un peu unique aux yeux de sa maman et du reste du monde. Je ne pense pas qu'elle regrettera d'avoir une soeur jumelle mais je pense que cela va parfois la "gonfler" d'avoir quelqu'un qui vit constamment les mêmes choses qu'elle, qu'on les compare tout le temps. Elle voit déjà bien que leur gémellité attire les regards, des regards souvent bienveillants car "les gens" trouvent cela mignon et fascinant, et puis il faut dire que c'est vrai, elles sont sacrément mignonnes et rigolotes. Cependant, je pense que les évènements survenus après leur naissance ont fait que Lily n'a pas pu recevoir toute mon attention et qu'il y a eu un manque. Et malheureusement pour moi, je paye déjà un peu pour cela car elle ne manque pas de me rejeter dès qu'elle le peut, dès qu'elle sent qu'elle peut être unique aux yeux d'une personne, alors elle me laisse tomber et cela me rend triste même si je sais bien que tout cela est ma foi bien normal. 

Je ne culpabilise pas au sujet de leur prématurité, à propos de leur gémellité et sur le fait que je n'ai pu donner à chacune que la moitié de ce qu'un premier enfant reçoit de sa maman quand il naît car je pense que j'ai beaucoup donné de ma personne et que j'ai fait du mieux que je pouvais étant donné les circonstances. Mais j'avoue me prendre 100 fois plus la tête pour comprendre Lily que pour comprendre Louise, elle me fait me remettre en question en permanence.

Bref, revenons à nos moutons, la complicité a continué à grandir entre elles lors de la première année à la crèche. Parfois je les retrouvais faisant un combat de catch, l'une sur l'autre et se foutant des coups de lattes qui auraient fait pleurer n'importe quel gamin, mais elles, elles étaient mortes de rire, et si je les séparais, elles se mettaient à pleurer. "Zizi" et "Ouise" sont devenues très proches, et le plus marrant, c'est que c'est Lily la jalouse et la "mal aimée" qui ne peut vivre sans sa soeur, même s'il est maintenant clair que c'est elle la jumelle dominante. Elle refuse de continuer à dormir ou de se coucher si "Ouise" n'est pas là, lui donne sa sucette et son doudou quand celle-ci pleure, et, chose que j'ai trouvé très émouvante, n'est pas venue sauter dans mes bras le jour où je suis venue chercher sa soeur malade à la crèche. Elle a couru vers moi, le visage très inquiet, montrant sa soeur du doigt, l'air de dire "Maman, Ouise est malade". Et le soir même, les terreurs nocturnes de Lily sont revenues, avec les inquiétudes concernant la santé de sa soeur et les réminiscences de l'hôpital.

A présent, nos filles commencent à faire des conneries ensemble, et la première a été de taille. Ma belle-mère les a couchées pour la sieste il y a quelques jours, mais comme elles ne voulaient pas dormir, elle les a mises ensemble dans un lit, pensant qu'elles finiraient par s'assoupir. Dix minutes plus tard, un silence d'or... On s'est dit qu'elles s'étaient endormies. Pensez-vous! Lily avait réussi à extraire un paquet de biscuits au chocolat du sac à langer à coté de son lit, avait réussi à l'ouvrir (et pourtant le plastique n'est pas évident à déchirer)  pour ensuite manger comme des gorets dans le lit. Nous les avons retrouvées couvertes de chocolat des pieds à la tête, l'air innocent, genre "Quoi, qu'est-ce qu'il y a? Ah, ça? Ben nous on sait pas, on n'y est pour rien. Si on était vilaines, ça se saurait!!!". Les murs étaient également recouverts de chocolat, l'interrupteur, les draps... De son côté, Louise avait réussi à choper un paquet de coton qu'elle convoitait depuis plus d'un an et en avait fait des confettis...
Le plus drôle, c'est qu'au bout d'un moment elles ont dû en avoir marre et ressentir la fatigue, alors elles ont fait le ménage et tout foutu par terre, jusqu'à la dernière miette, et elles se sont tapé un roupillon!

Doudou gisant sur le lieu du drame


Je suis à présent soulagée de savoir que mes filles sont complices et s'aiment, car j'avais un peu peur et pour tout vous dire, je ne savais pas à quoi m'attendre avec elles. Je sais bien sûr que leur relation n'a pas fini d'évoluer et de changer, mais je peux dire que si avoir un enfant est enrichissant, en avoir deux en même temps est fascinant. J'ai beau passer mon temps à me plaindre d'être fatiguée, je n'échangerai cette expérience pour rien au monde parce que je passe mon temps à me marrer face mes petiotes. Et puis, je n'aurais jamais pensé que mes filles me feraient autant rire, ce dont je suis très fière, parce que l'humour est pour moi une chose sacrée.

Une chose est sûre, c'est que j'envie mes filles d'être jumelles et que je pense que c'est une chance. J'espère qu'elles sauront entretenir cette relation que je trouve magique et qu'elles sauront s'en servir pour avancer dans la vie.

vendredi 24 juin 2011

Le Terrible Twos ou les prémices de la crise d'adolescence...

Non, je ne suis pas morte! Seulement en train de me dessécher devant mon ordinateur en rédigeant mon mémoire de Master...

Tout va bien chez nous, mais je dois bien avouer que ce que je redoutais depuis quelques temps déjà est en train d'arriver: la crise des 2 ans, communément appelée par les anglo-saxons The Terrible Twos.
Je vous conseille la lecture d'un article intitulé Comment réussir son Terrible Two, j'ai failli en faire pipi dans ma culotte tellement il est réaliste. J'en suis arrivée à la conclusion que nos enfants se donnent le mot dans la cour de la crèche, car les symptômes sont trop identiques pour être honnêtes. Je n'ai malheureusement pas trouvé comment gérer cette fameuse crise et ai donc pris le parti de prendre mon mal en patience même si je me dis parfois que je risque de partir 2 ans à l'étranger lorsque la crise d'adolescence va pointer le bout de son nez.
Je vous propose une version vécue de notre Terrible Twos et je me permettrai d'emprunter quelques termes à l'article que j'ai cité car ils sont trop criants de vérité pour en inventer d'autres.

La crise Hollywoodienne ou la Grande Scène de l'acte II

Maman n'a pas voulu me donner mon biscuit préféré, ou du moins elle n'a pas compris les divers grognements que j'ai proférés alors qu'elle me présentait dix paquets de biscuits différents. D'ailleurs, le biscuit que je veux n'existe pas. Je me jette donc par terre, de préférence la face collée au sol, afin que ma bave atteigne les carreaux le plus rapidement possible. Je hurle afin d'évacuer l'indignation, la colère et la tristesse qui m'envahissent soudainement. Je suis Phèdre, plus rien n'existe que ma douleur psychologique. Parfois, je relève un peu le coude dans lequel j'ai enfoui mon petit visage, afin de vérifier que mon public est toujours attentif. Merde. Elle est "patie".

La crise molle

Je suis un chamallow. Je ne peux plus marcher. Mon corps est dans un état de détente totale et je m'abandonne doucement à la gravité. Pas trop quand même parce que sinon boum. Mais bon, la main de maman est toujours là, ce qui me permet de faire un quart de tour avant dans ses genoux afin de la déstabiliser. Effondrée, je continue à me laisser aller et peux même aller jusqu'à accompagner ma crise molle d'une crise hollywoodienne molle. Merde, elle est encore "patie", elle continue son chemin nonchalamment, la morue. Prise de panique, je me lève et lui cours après, mais lorsqu'elle se retourne pour me donner la main, je m'effondre à nouveau. La vie est trop dure. En parlant de dur...

La crise dure

Je ne vais pas la laisser me mettre ma couche aussi facilement, non, je voulais continuer à lire Grazia tout en en mangeant un petit morceau. Mais comme elle insiste, je raidis tout mon corps, tends mes petits orteils en faisant les pointes telle une ballerine, crispe mes yeux, et franchement, si elle arrive à me changer avec mes fesses aussi serrées, elle aura de la chance. Je fais de même lorsqu'on veut me mettre sur ma chaise haute, mais j'écarte les jambes, afin qu'elle n'arrive pas à les faire passer. Pour la version "empêchage de me mettre dans mon siège auto", je m'arc-boute jusqu'à prendre la position du panier, il est maintenant impossible de m'attacher. 

La crise du non

Je ne veux pas manger. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas faire de bisou. Je ne veux pas prendre mon bain. Je ne veux pas donner la main...
Je continue la liste?
NON!!!

La crise d'identité sexuelle

J'ai décidé de sortir de la phase buccale et de goûter à tout ce qui m'entoure, tout particulièrement le terreau. La phase annale, c'est beaucoup plus rigolo! J'adore me toucher le kiki car il n'est que rarement accessible (quoique je parvienne maintenant à enlever ma couche toute seule pour faire pipi au lit, de préférence quand maman a mis mon alèse au sale car j'ai fait un vomi de poule sur les draps). Quel plaisir de m'enduire les doigts de caca, de me retourner pour mettre mes mains dans mes fesses (y a un trou, c'est bizarre, d'ailleurs j'ai essayé de mettre un doigt dans celui de ma soeur dans le bain l'autre fois, alors qu'elle se penchait en avant, elle n'a pas aimé). J'aime aussi agresser ma soeur et lui arracher son body pour toucher ces deux petites choses sur la poitrine, c'est marrant tout plein. Bien sûr, ma soeur, échevelée et victime d'une agression sexuelle, ne le prend pas très bien non plus, mais qu'importe!

La crise de folie pré-endormissement

La vie est belle, tout me réjouit, et lorsque maman se penche pour m'embrasser avant d'éteindre la lumière, je suis prise d'un fou-rire hystérique car je sais que c'est une feinte et qu'elle va me faire des chatouilles. Je me lève et cours d'un bout du lit à l'autre, me cogne la tête en tombant, ris, pleure, pendant que ma soeur, qui a découvert qu'elle pouvait pousser sa voix jusqu'à une stridence insupportable, fait des vocalises dans son lit. Cela me fait pleurer de manière systématique. Au bout de la dixième intervention des parents, elle arrive à pousser un cri proche de l'ultrason, à peine perceptible par les chiens et par moi, donc je pleure. Il est 21h30 et maman commence à ressembler à Amy Winehouse.

La fugue

Je ne veux pas donner la main, vous n'avez pas lu ce que j'ai mis plus haut? Alors j'en profite pour m'échapper dans la crèche à l'heure du départ, me pique un sprint dans le couloir en hurlant de rire car maman, telle Godzilla, me poursuit. Je me pète la gueule en me retournant pour vérifier si Godzilla est toujours là et enchaîne sur une crise hollywoodienne.


Voilà où nous en sommes, nous pauvres parents démunis face à tant d'inventivité. La seule chose qu'elles y auront gagné, c'est un abonnement à temps-plein au Club Mickey pendant les vacances, pour nous permettre de récupérer toute l'énergie que nous passons à calmer nos chamelles enragées.
Sinon, elles sont toujours aussi belles, toujours aussi drôles, toujours aussi éveillées, etc, etc...

Un petit bonus pour la route, Louise qui se prend pour Bartabas et se masque le visage pour effectuer des acrobaties sur son cheval à bascule. Elle aime également se promener dans l'appartement "à l'aveugle", heureusement qu'on a de l'arnica!