jeudi 2 septembre 2010

Les Bidochons en vacances...



Les premières vacances en famille, c'est comme toutes les premières fois. Beaucoup de phantasmes, beaucoup d'attentes et parfois de petites déceptions. Nous n'avons bien sûr pas échappé à la règle. 

En parlant de règles...
Règle n°1: préparer le départ une semaine à l'avance et pas le matin même... Comme nous, avec deux bébés malades.
Règle n°2: éviter les grands départs et ne pas passer 7h à faire un trajet de 4h. Comme nous. Risoul à 23h, c'est un peu le fin fond de la Laponie en hiver, on ne sait pas différencier sa propre tête de ses pieds, et l'installation est très rock'n'roll.
Règle n°3: être soudés car les enfants sont des gremlins qui peuvent parfois vous pourrir la vie et rendre les vacances plus fatigantes que la vie quotidienne. Comme nous.
Une amie m'a envoyé un gentil SMS pendant le trajet qui nous emmenait à Risoul, et ce dernier voulait tout dire: "Si vous ne vous disputez pas en ce jour de grand départ c'est que votre couple a du potentiel!".
Trois tonnes d'affaires éparpillées dans la voiture et lorsqu'il faut trouver des couches ou du lait, c'est pire que de chercher une aiguille dans une botte de foin. Un coffre de toit sur une Laguna couleur sable ("qui vire au vert pisseux quand il fait moche" dixit Petit Chéri), une vitesse de 40km à l'heure car Lily a chopé un chamallow dans la voiture et a décidé de le vomir version "L'Exorciste". Un mari qui me regarde les yeux veinés de sang, responsable d'un bouchon de dix voitures et qui me dit mi-souriant, mi-sérieux: "Vous m'avez tout pris!". Il parle de sa dignité, et tient Lily debout en train de vomir des geysers sur ses nouveaux chaussons en cuir, comme il l'a fait tant de fois avec ses potes à la sortie du Pincho Pingo. Il ne s'attendait pas à ce que cette scène se reproduise aussi vite.

Pourtant, l'endroit est paradisiaque, calme, vert, frais, une vraie invitation au repos, aux balades en famille et aux grands moments de complicité, que nous avons eus cependant... En conjonction avec le début des caprices, le dépaysement des petites et des crises de folie quotidiennes. "C'est l'altitude!", nous dit le patron du VVF, alors qu'il parait que c'est aussi l'air marin chez nous. Mouais.

Partir en vacances avec des jumelles de 11 mois, c'est continuer le sempiternel spectacle de la Femme à Barbe que nous connaissons quand nous allons nous promener: "Oh ils sont mignons vos petits garçons!" - en chapeaux à fleurs et chaussons mauves, mouais, tu veux un coup de boule ou des nouvelles lunettes? -
"Oh des petites jumelles, vous savez, je suis grand-mère!' - nous dit madame la sorcière avec un énorme poireau sur le visage qui semble me dévisager et vouloir m'attaquer personnellement - Et vas-y que je te fous mes grosses pattes sales sur les jolis bébés sans me demander si je n'offense pas les parents! Aaaaaaaaarrrrrrrg.

Ces charmantes petites filles, ces bébés que j'ai bercés, dorlotés, chouchoutés et qui soudain se transforment en petits démons, sans que je l'aie vu venir. Pourquoi si tôt, mais pourquoi? Ils ne nous avaient pas dit ça à la maternité!
Louise, du haut de sa chaise haute semble me dire: "Ze veux un biscuit pour mon repas maman, ton lait ze m'en fous et si zai pas mon biscuit ze vais faire une grosse crise de nerfs, convulser de rage à te faire craindre une crise d'épilepsie et vomir sur ton lit". 
"Noooooon Chéri, je ne craquerai pas, elle ira dormir sans repas, mais son biscuit elle peut se le mettre où je pense!...". Deux heures après, en pleurs, après avoir essuyé le vomi de mon lit, je suis exsangue et Louise me contemple satisfaite, son boudoir à la main, comme si rien ne s'était passé. "Ah ah maman, ze t'ai bien eue!".
Ses premières paroles ne seront pas "Mama" ou "Papa" mais "Gruik gruik" (véridique, comment annoncer ça à la famille???), suivies de longs raclements de gorge dignes de Dark Vador. "Zeeeeeeu suis ta fille!". Elle décide aussi que la marche à 4 pattes ce n'est pas pour tout de suite alors elle fait le rouleau de printemps, du bout d'une pièce à l'autre, à toute allure, comme Stéphane Eicher dans le clip de "Combien de temps" en vitesse accélérée.

Lily, en plein éveil psychomoteur, a décidé qu'elle voulait aller là où elle n'est pas, et quand elle y est, veut aller ailleurs, et ça la fait pleurer. Elle mange son premier mille-pattes, suce les chargeurs de téléphone, se tord le coup en sautant du matelas qui est censé l'empêcher de sortir de la chambre et je l'imagine déjà tétraplégique, lorsqu'elle décide de se mettre sur la tête un paquet de chips moldave oublié sous le lit dans les années 90. Elle méprise le coin nursery que nous leur avons organisé et veut boire une Ricoré en fumant une clope, comme maman. A table, un midi, une dame me demande poliment si "ce n'est pas un peu dangereux le couteau à steak là, dans ses mains"? Ooooops.

Dépités, nous allons manger notre raclette en 5mn au restaurant, boire notre jus de tomate au "Snowboard Café" en 4° vitesse, et nous sommes à deux doigts de les inscrire à plein temps au Club Mickey afin de pouvoir nous offrir le soin Zénitude du Spa de Risoul... Seuls, enfin!


Pourtant, pourtant, il y a le Lac de Serre Ponçon, et nos deux gredines qui nous sourient de leurs 10 dents communes, la découverte de l'herbe et des fleurs ("ça se mange?"), les câlins sans fin, les fous-rires incessants à les observer découvrir le monde, leurs petites haleines d'anges lorsqu'elles nous embrassent, les balades en poussettes dans de merveilleux paysages fleuris. Il y a le barbecue au bord d'un lac, la balade des marmottes, le petit jardin anglais où elles voient des poussins pour la première fois ("ça se mange?"). Il y a Vevey et nos amis qui nous accueillent avec Etienne et Clément, jumeaux de 2 ans et demi qui donnent à nos petites chéries leur premier bisous sur la bouche, le chalet de ma tante et son compagnon où elles dévorent de la purée aux orties et pour la première fois font la grasse matinée.

Oubliez tout ce que je viens de vous dire, nos premières vacances en famille étaient les plus belles de notre vie, mais l'an prochain, on prend une semaine de vacances supplémentaire, sans elles, pour se reposer des vacances!



8 commentaires:

XA a dit…

Coucou !
Contente de trouver un nouveau billet ce matin car ton absence commençait à me turlupiner ! Mais oui pardi ! Des vacances avec les bounettes! Voilà ce qui explique l'absence ! Dis donc, comme elles sont adorables sur les photos... Bisous !

Stéphanie a dit…

C'est marrant, ça me rappelle certaine soirée où nous étions invités dans la famille ou les amis en se disant " chouette on va passer une bonne soirée, manger un vrai repas et boire du bon vin " ! Et bien non, sur le chemin direction notre super soirée des démons avaient investi les corps de nos 2 adorables choubidous et nous avions passé une soirée genre l'exorcite ! En prime des regards compatissants de nos hôtes qui voulaient dire " mais quels monstres avez vous engendré ?) !!!!!!!!

Florence a dit…

très réaliste, on se reconnait

XA a dit…

Bon... ça m'encourage pour mon départ en famille en Tunisie dans moins de deux semaines...

Anne a dit…

c'est toujours mieux des bisous que des petites dents crantées qui vous mangent le menton (merci mes chéris, maman aussi vous aime :s )

Camille a dit…

partir en vacances avec les Gremlins, il faut effectivement au moins une bonne semaine pour s'en remettre!
Petite consolation: elles commencent à faire des bisous, mais c'est encore bien baveux tout ça... J'espère que ça va s'arranger!

Anne Christine a dit…

Carole, tu m'as fait rire, et tu m'as ému à la fois, comme à ton habitude. Je me suis tellement retrouvée dans ton récit!!! Pour l'année prochaine, moi aussi je rêve d'une semaine de vacances supplémentaire, voire 2 ;P
Bisous <3

Sergio a dit…

Génialissime ! Mdr.