jeudi 31 décembre 2009

Mes voeux pour cette nouvelle année...


« Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir,
et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.

Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer,
et d'oublier ce qu'il faut oublier.

Je vous souhaite des passions.

Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil
et des rires d'enfants.

Je vous souhaite de résister à l'enlisement,
à l'indifférence,
aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite surtout d'être vous. »

Jacques Brel

dimanche 13 décembre 2009

Ô les joies de l'allaitement maternel...


L'allaitement reste de nos jours un sujet très controversé, avec d'un coté les militants parfois intégristes de l'allaitement maternel, et de l'autre les femmes ne souhaitant pas allaiter leurs enfants, souvent stygmatisées et considérées comme de mauvaises mères. Que ces dernières se rassurent, les mères allaitantes sont elles aussi jugées parfois comme obstinées et leur entourage ou le corps médical ne comprennent pas forcément ce besoin viscéral de nourrir leur(s) bébé(s).
Mon expérience avec l'allaitement a commencé au CHU Arnaud de Villeneuve à Montpellier, en service Néonat, après l'arrivée un peu précoce de mes filles. Ces dernières étant en couveuses et nourries par sonde, il fallait, si je voulais pouvoir les allaiter quand elles seraient en âge de se mettre à téter, que je tire mon lait plusieurs fois par jour afin d'avoir une bonne montée de lait et me préparer à les nourrir. 

Petit Chéri est donc allé sur son cheval blanc à la pharmacie pour me louer le dernier tire-lait à la mode. Encore sous le coup de l'accouchement et dans un nuage d'euphorie - qui n'allait pas durer -, je l'ai vu rentrer dans la chambre avec une grosse mallette noire remplie d'accessoires et de l'objet convoité par toute femme allaitante: le Tire-Lait Medela! Il avait eu droit à une démonstration à la pharmacie et avait même testé son fonctionnement sur le bras, finissant par expliquer aux pharmaciennes son bon fonctionnement!
Le voilà donc qui me prépare le matériel et me branche les deux entonnoirs montés sur biberon afin que je commence à tirer mon lait. Quatre jours passent à un rythme de 6 "traites" par jour, et toujours pas la moindre goutte de colostrum, ce fameux nectar jaune qui nourrit le bébé lors des premiers jours, avant qu'un lait plus blanc ne lui succède. Désespérée, branchée en permanence sur cet appareil qui commence à devenir un appareil de torture, je m'acharne à maltraiter mes seins sans toujours voir rien arriver, alors que ma voisine de chambre remplit des biberons entiers.

C'est 5 jours après mon accouchement que se produit ma montée de lait. Réveillée par de fortes douleurs, je me lève et sens que quelque chose se passe: mes seins sont durs comme du béton, j'ai l'impression que je vais exploser et que l'on va me retrouver baignante dans mon lait, morte en mode Cappuccino. Je "les" regarde alors dans le miroir, et horreur, me voilà passée d'un 85B à un 95D en une nuit, mes seins ressemblent à ceux de Pamela Anderson, on dirait deux prothèses. Je suis bonne pour le maillot rouge, la bouée et les plages de Malibu!
Je retourne me coucher mais la douleur est telle que je ne peux m'allonger que sur le dos. Quand la sage-femme passe le lendemain matin, elle constate que ma poitrine est engorgée et commence à me masser pour me soulager. La douleur est telle que j'ai envie de l'assommer avec mes mamelles dorées, et je cours me cacher sous la douche pour y pleurer à chaudes larmes. Je souffre plus que pour l'accouchement, la douleur est insupportable.

Le jour même, une goutte apparaît pendant une traite et j'ai envie de hurler ma joie au monde entier. D'autres apparaissent, et, après avoir récolté 10ml,je me dirige fièrement vers le bureau des sage-femmes pour leur montrer ma production. J'ai l'air ridicule, il m'en faudrait dix fois plus pour nourrir mes deux bébés. J'ai à peine de quoi nourrir un écureuil nouveau né.

Je démarre un fil Allaitement & Prématurité sur le forum de l'Association Jumeaux & Plus et bénéficie de conseils de mamans de jumeaux comme moi, ainsi que d'un soutien immense, car la communauté des multiples est incroyablement soudée et prête à aider les nouveaux-venus en galère comme moi.
Je ne baisse pas les bras, et à ma sortie de la maternité, je tire mon lait religieusement et commence à voir un certain progrès. 
Lorsque nous sortons boire l'apéro chez des amis, je me retrouve sur une chaise dure dans une salle de bain, seule à tirer mon lait devant un immense miroir qui me renvoie l'image d'une femme épuisée, les seins comme des obus, avec deux pompes qui lui aspirent activement le lait. Pendant ce temps là, mes amis boivent du champagne et fument des cigarettes. Grand moment de solitude...

Lorsque je rends visite à mes filles en néonat, je me retrouve avec d'autres mamans de prématurés dans la "Salle des Mamans" à tirer mon lait et alors que nous discutons, je ne peux m'empêcher de lorgner sur leurs biberons pour voir si j'en fais autant qu'elles.  Certaines, ayant accouché très tôt (5 mois et demi) ne parviennent qu'à obtenir trois gouttes et je vois dans leurs yeux un désespoir profond, car l'allaitement représente la seule chose qui nous fait sentir mères, qui nous fait tenir, loin de nos minuscules bébés en couveuse qui sont nourris au lait maternel d'autres mamans en attendant le nôtre. D'autres mamans - la nature est parfois injuste - font trois biberons avec un seul sein, et là j'ai juste envie de me défenestrer...

Le jour arrive où je peux enfin mettre au sein Choupinambour qui tétouille pendant 5mn et s'endort comme une bienheureuse, une goutte de lait au coin de la bouche, et moi, émue, ayant toujours rêvé de ce moment, je réalise le rêve de ma vie. Bien que convaincue des bienfaits de l'allaitement, ma motivation va bien au delà de ces derniers. J'ai un besoin viscéral de les nourrir moi-même, de connaître cette expérience unique et grisante.

La mise en route de l'allaitement de mes jumelles est difficile, nous passons 15 jours avec elles en secteur Mère-Enfant afin de pouvoir les nourrir exclusivement de mon lait. Me voilà donc à boire des litres de tisanes d'allaitement afin de booster ma production, mais le problème c'est que la dite tisane est au fenouil et à l'anis et que je commence à transpirer cette odeur par toutes les pores de ma peau. Je me transforme en bol de soupe ambulant et perds 10 points sur l'échelle de ma sexytude.

Lorsque Choupinambour subit un stress post-opératoire après une intervention chirurgicale, alors qu'elle ne pèse que 2 kg et a subi une rachi-anesthésie (péridurale), elle repart en soins intensifs et mon coeur de mère s'effondre. On m'enlève mon bébé qui se retrouve à nouveau dans une couveuse, seule, sans sa soeur et ses parents. Je décide alors de continuer à l'allaiter pour maintenir le lien, et vais lui rendre visite toutes les trois heures pour la nourrir. Je lui chante "Pirouette Cacahuète" pendant qu'elle s'endort, et pour me maintenir éveillée, et quand je retrouve son père je lui dis que Choupinambour  a un message pour lui et qu'il y est question d'avion à réaction et de joli fil doré... Cela devient un jeu entre nous. "Mais qu'a-t-elle voulu dire???". L'allaitement me permet de surmonter cette nouvelle épreuve un peu difficile pour nous tous. Je me retrouve toutes les nuits sur le "Banc des sanglots", devant le CHU, à pleurer sur son absence.

Au bout de 15 jours d'épuisement total, nous parvenons à un allaitement correct, complété par du lait artificiel et rentrons chez nous avec nos deux puces. Nous voilà lancés, mais sans filet, et le SAV de l'allaitement n'existant pas, je suis lâchée dans la nature, ne sachant quoi faire de mes tétons rose fluo tellement j'ai mal, à pleurer sur mon balcon toutes les nuits car je ne veux pas abandonner. Cette expérience est primordiale pour moi car non seulement je fais du bien à mes bébés, mais je m'en fais à moi aussi. L'allaitement maternel est bon pour le bébé pour de multiples raisons, mais il est aussi bon pour la mère et permet de prévenir le Baby Blues en déclenchant des endorphines (les hormones du bonheur), il aide à prévenir contre le cancer du col et celui du sein, il établit aussi un lien fort "de chair" à mon sens et rien n'est plus beau que ce petit regard en coin du bébé rassasié, qui s'endort paisiblement en faisant les yeux blancs.

Une nuit de désespoir, je décide de contacter la Leche League, association pro-allaitement maternel. Certains trouveront leur démarche intégriste, mais lorsqu'on se heurte à des poncifs tels que "Tu vas te crever", "Tu es sûre que tu as assez de lait?", "Ton lait n'est peut-être pas bon", "La femme n'est pas faite pour allaiter deux bébés", on est contents de pouvoir trouver un soutien que leurs animatrices peuvent apporter à tout moment de la journée.
Epuisée, je me rends chez ma généraliste qui me prescrit du Motilium pour booster ma production, des séances d'acupuncture et des préparations homéopathiques. Je passe un long moment avec Herade, une animatrice de la Leche League, qui me prodigue de nombreux conseils (bien éloignés de ceux préconisés par les pédiatres), m'envoie des articles d'information sur l'allaitement de jumeaux (comment les positionner par exemple) et me rebooste le moral.
J'arrête de mettre mes filles au sein pendant 2 jours à cause des douleurs et leur donne mon lait au biberon, et me balade dans mon appartement les seins à l'air, les badigeonne de mon lait pour accélérer la cicatrisation, une serpillière espagnole constamment à la main car je "goutte" dans tout l'appartement...
Et comme le bol de soupe ne suffit pas, je me transforme aussi en Reine des Abeilles, car il fait encore chaud en ce mois d'octobre, et les abeilles du quartiers commencent à me poursuivre car elles sentent mon lait. Me voilà en train de courir comme une hystérique, les bras en moulinets, les cheveux en bataille, le torchon à la main pour me défendre. Elles n'auront pas une goutte!

Au bout de quelques semaines, nous sommes enfin au point, et lorsque je suis seule, je m'installe avec mes filles en position de ballon de rubgy (je ne donnerai aucune explication aux "incultes" afin de leur faire croire que je suis une grande sportive qui s'épanouit avec le XV de France dans le Stade de l'Ovalie!). Elles me griffent les seins, se filent des coups de pieds, me tirent sur les tétons jusqu'à ce qu'ils mesurent 5cm (ouille!) mais nous voilà une belle équipe gagnante. Bien sûr, Petit Chéri, mon héros, est un acteur primordial dans notre organisation et dans ma démarche. Il me soutient dès les premiers instants, m'apporte les puces pour les placer sur mon sein toutes les 3 heures, les change, me coiffe en "ananas" quand mes mains ne sont pas libres et que mes cheveux me grattent le nez (il veut dire "palmier"...). Sans lui, j'aurais abandonné depuis belle lurette!

Statue d'Angelina Jolie allaitant ses jumeaux
Je passe une grande partie de mes nuits et jours allongée avec mes filles au sein à sursauter devant "Les Experts Miami" ou à pleurer devant "Les Frères Scott", oui, décidément je suis une cause perdue.
Petit Chéri adore jouer des percussions avec mes coques de seins qui permettent de stimuler la lactation et recueillir le fameux nectar. Un matin, résignée, je lui tends une cuillère à soupe pour qu'il puisse s'adonner à son nouveau jeu. Me voilà dépossédée de moi-même, je suis devenu le frigo de la famille, et accessoirement, un instrument de musique...

Il faut aussi savoir que le sein n'a pas qu'un seul trou par lequel sort le lait, j'ai d'ailleurs étonné plus d'une de mes amies nullipares. Le téton est en fait un petit arrosoir dont jaillissent de puissantes giclées que le bébé peut parfois se prendre en pleine bouille, car la simple vue de son enfant peut déclencher une montée de lait. L'image me fait penser au jet d'eau du Lac de Genève (wink wink Lolo).

L'eau chaude a aussi cet effet et j'en ai subi les frais: un matin que je sors de mon bain, je constate avec effroi que de mon sein gauche est en train de jaillir un geyser. Je n'ai pas le temps de me sécher, place ma main sous mon sein pour empêcher le lait de couler partout, court toute nue -et mouillée- dans la cuisine, sous le regard de mes nourrissons dans leurs transats (j'espère que cette image ne stigmatisera pas à jamais leur inconscient...). Et me voilà dans la cuisine, droite comme un piquet, frigorifiée, une coupelle à la main, à attendre que la fontaine veuille bien se tarir...

Et pour finir, une petite anecdote sur une des pires hontes de ma vie. Lors de ma montée de lait, découvrant avec horreur et fascination mon énooooorme poitrine, je n'ai pas résisté à la prendre en photo, afin de garder ce souvenir pour mes vieux jours, quand mes seins ne seront plus que de vilains gants de toilettes. Je pourrai dire à mes petits-enfants "Vous voyez, mémé c'était quand même une bombe!".
Et c'est alors que montrant fièrement à mon kiné les derniers clichés de mes filles:
- Alors ça c'est Louise en train de dormir, ça c'est Lily qui prend son bain, et ça c'est... mes seins..."...
Gloups...

jeudi 3 décembre 2009

Les bons plans de l'hiver...



Les plumes, les plumes, les plumes, j'adooooore les plumes qui s'affichent comme une grande tendance un peu partout cet hiver. Comme je ne veux pas ressembler à la dinde de Thanksgiving dans une jupe plume, j'ai opté pour un accessoire qui n'a pas de taille et ne me coûtera pas la vie si je me promène dans la campagne en pleine période de chasse: les boucles d'oreille paon:


Je les ai trouvées sur le site Etsy  qui fonctionne dans le style de eBay où l'on peut acheter et vendre des accessoires de mode souvent faits à la main. 7€ la paire frais de port compris (provenance US), ce n'est vraiment pas cher et cela complètera ma tenue pour le Jour de l'An.

Coté vernis à ongles, cet hiver c'est le rose bubble-gum qui tient la tendance. Là aussi, le prix est dérisoire (1€ le vernis) sur le site E.L.F. (http://www.eyeslipsface.fr/), je suis fan (merci MissG* pour le bon plan!):



Toujours chez E.L.F., j'ai craqué pour le kit de maquillage Nude (5€). Il contient tous les accessoires indispensables pour un maquillage naturel et rapide à exécuter. Pour les cours de maquillage, là aussi, jetez un coup d'oeil sur le site de MissG*, vous vous transformerez en top model!


J'aime la maille, j'adore la maille (la laine hein!), j'ai trouvé sur Etsy ce modèle de jambières patte d'eph que je vais m'empresser de commander à ma mère (Ingénieur Lainier :) ):



Toujours dans la maille, le gris est LA couleur de l'hiver, et comme je suis nostalgique des années 80 et des tubes que nous portions avec nos bracelets fluo et nos Nastase, voici la version revisitée du 3° millénaire: le Snood. Là aussi, merci maman! Pour 10€ de laine et un peu d'huile de coude, on obtient un accessoire tendance et qui en plus tient chaud.



Tout le monde n'aime pas les Derbys, mais moi elle me rappellent là aussi mes années collège. Portées avec un boyfriend jean et des chaussettes Burlington, nous voilà presque Preppy!


Derbys la Redoute (25€)

La dernière tendance très forte de cet hiver est le sequin et j'ai ressorti cette jolie écharpe de style Vanessa Bruno que j'ai récupérée lors d'une soirée paillettes au O'bar il y a 2 ans. Je savais qu'elle me servirait et elle habille totalement une tenue. Là aussi, j'ai porté beaucoup de sequins dans ma jeunesse, du bandeau au cycliste (oui, heureusement nulle photo n'existe de cette expérience désastreuse).
Je préfère éviter les top ou leggings sequin afin de ne pas ressembler à une boule à facette:



Et pour manger, et bien, des topinambours!!! J'ai découvert un site de fruits & légumes qui livre sur Montpellier et alentours (http://www.lepaysandeprovence.com/index.php) dont la livraison est gratuite.
Je pars à la recherche d'une recette sympa et je vous livre cela bientôt:

dimanche 15 novembre 2009

samedi 26 septembre 2009

Les nouveaux temples de la consommation...




Je suis outrée! Hier a été ma première visite en ville depuis plus de 2 mois, j'allais enfin me retrouver pour une petite heure dans le tourbillon de la vie (enfin...), même si ce n'était pas -vraiment - pour moi. Ben voui, me fallait un soutien gorge d'allaitement (le tue l'amour ultime, avec les coussinets d'allaitement qui dépassent).

Bref, là n'est pas mon propos.
Je vais me garer au P4 comme à mon habitude et que vois-je? Toute une allée du parking a été peinte en rose et noir, il y a un guichet à l'entrée qui indique "Parking VIP". Je manque avaler mon appareil dentaire... Je vois deux voituriers au loin (ils n'ont pas l'air débordés), et deux trois voitures de luxe garées, et là je me dis "Ils ont craqué". Ils ont piqué le concept du Valet parking des Etats-Unis et pour contrer la concurrence d'Odysseum, le nouveau centre commercial qui a ouvert cette semaine, et se sont mis à chercher un nouveau concept marketing pour se différencier de ce nouveau temple de la consommation.


(MODE IRONIE: ON) Et bien moi je dis "Bravo" (MODE IRONIE: OFF). Après la décision de condamner la moitié de la route à la plage du Grand Travers afin de "sauver les dunes" (sauver les dunes mes fesses, c'est pour faire payer le parking), ils décident de faire du centre ville un espace VIP, lieu de shopping pour bobos friqués, et ouste les caillera de la Mosson!



Après avoir acheté mon soutien-gorge Gina Lolobrigida, je me dirige vers les toilettes car l'allaitement messieurs mesdames, ça fait boire!
Et là, HORREUR, le couloir a lui aussi été peint en rose, on se croirait dans le boudoir de Paris Hilton... Je m'approche tremblante, et là se tient une hôtesse, toute de rose vétue, elle a du passer un casting pour devenir Dame Pipi. Elle se tient là devant son comptoir laqué noir et explique à une mamie que "Pour l'instant c'est gratuit, mais à partir de demain c'est 50 centimes".
Je suis partagée entre l'envie de faire pipi sur le comptoir et me prendre un fou rire...
L'entrée des toilettes ressemble à celle d'une station de métro (j'imagine l'hôtesse en train de débouler avec une matraque si on saute la barrière avec une vessie pleine), et la décoration me fait penser à celle d'un grand magazine de mode: il y a de grandes photos de visages parfaits, je m'attends à ce qu'une esthéticienne m'attende sagement dans le cube pour me faire les ongles et m'épiler les sourcils...
Trêve de plaisanterie, je garde mon pipi pour moi même si c'est gratuit, je suis écoeurée... Non seulement il faut payer le parking pour venir dépenser son argent dans les magasins, il faut payer pour pisser, et maintenant, on peut largement sentir le clivage entre classes sociales: d'une coté les médecins qui se font garer la voiture comme au Jardin des Sens, de l'autre, moi, pauvre couillonne, qui gare toute seule ma Polo, quitte à m'arracher le rétro en faisant une marche arrière, bouillonnante de colère.
La semaine prochaine, je dois aller faire un tour à Odysseum. Il parait que là bas aussi les parkings sont payants (dont celui d'Ikea). On va voir si là bas aussi je dois faire pipi derrière une poubelle pour ne pas payer...



dimanche 20 septembre 2009

L'arrivée de Lily & Louise, mes petites Mafaldettes...

Je suis heureuse de vous présenter mes filles, les mafaldettes... Elles sont encore dans l'emballage comme vous pouvez le voir.


Elles sont nées samedi 12 septembre, Lily à 6h54 - 1,8 kg pour 42 cm - Louise à 7h03 - 1,520 kg pour 41 cm.

Chuuuut Lily dort sur maman pour la première fois:


Premier câlin de Louise sur maman:


Alors tout a commencé mardi 8 septembre après ma sieste du matin, plouf, je perds les eaux... Grand choc, je ne m'y attendais pas du tout, j'avais un col de compète, je me reposais tout le temps, je n'étais pas prête du tout à accoucher, dans une heure nous avions notre premier cours d'accouchement chez la sage-femme, comme quoi...
J'appelle Petit Chéri et je lui dis qu'on a un soucis, il accourt sur son cheval blanc. Entre temps je suis en larmes, pour avoir beaucoup fréquenté le forum Jumeaux & Plus, je suis capable de diagnostiquer ce qui m'arrive et donner le traitement qui m'attend. Je sais que j'en ai pour 48h. J'ai le temps de mettre une culotte dans mon sac: imaginez, une culotte!

On me place une bandelette pour tester le liquide: rupture franche... Merde, je suis à 32 semaines, c'est à dire tout juste 7 mois de grossesse.
On me fait un bilan infectieux: si infection on déclenche tout de suite. Je suis mise sous antibio: Clamoxyl. On me perfuse au Tractosyl pour arrêter les contractions.
Première injection de Célestène, qui est un corticoïde qui aide à maturer les poumons des bébés, on doit en faire une 24h plus tard et attendre 48h que le produit fasse effet.
On me dit que le risque d'infection étant plus grand que la prématurité, il faudra déclencher dans 48h. Je regarde Petit Chéri et je lui dis "Je suis pas du tout prête à accoucher, je me donnais encore un mois!". Il me rassure comme il peut, me dit qu'il est prêt.
Mes contractions ne se calmant pas, on me dit qu'on va me transférer à Martigues, à plus de 100km de Montpellier, en hélico, car ils n'ont pas de place pour les bébés en pédiatrie si j'accouche ce soir... La tuile, que finalement on évite de justesse, et entre temps je me suis tournée sur le côté et les contractions se sont calmées... Ouf! Mais bon, j'aurais bien fait "La chasse au trésor" en hélico. Mes filles ne seront pas des petites cagoles marseillaises!
Deux jours passent, plus de contractions, pas le droit de bouger, mes ninis ne bougent plus, assommées par le Célestène, alors que moi je suis en transe (le Célestene fait monter l'adrénaline). Je ne dors pas, fait des crises d'asthme. Quand je pense à tout les médicaments qu'on me donne alors qu'on dit de rien prendre pendant la grossesse... Je réveille Petit Chéri deux fois à deux heures du matin pour le supplier de venir me rejoindre à l'hopital, il dort sur un fauteuil très inconfortable et me tient la main. Cet homme est un saint.

On arrête le Tractosyl jeudi, mais plus de contractions...
Vendredi matin, ils décident de me déclencher et me posent le Propes sur le col, une bandelette qui libère des hormones et ouvre le col car le mien n'est pas mature du tout. Rien ne se passe, pas une contraction... Je perds le Propes à 16h, dégoutée, trop de liquide coule.
Le soir, je suis en chaussettes de schtroumphf car ils ont perdu mes chaussures aux urgences, on décide donc de faire les 4 étages à pieds et d'aller voir s'ils les ont. Et bien voilà que je ne remonterai pas, ils en profitent pour m'examiner et le col est ouvert à 2 doigts, youpi!!!
La sage-femme, un ange, me met la perfusion d'ocytocine pour déclencher les contractions qui arrivent vite. Je passe une heure de début de travail sans trop souffrir (moi qui avait peur d'hurler à la mort), et très vite, à mon grand étonnement, on me pose la péridurale.
Alors la péridurale, non seulement je n'ai plus senti les contractions, mais en plus ça m'a libéré le cerveau, j'étais euphorique, dans ma tête c'était Woodstock! Je n'étais qu'Amour! Du coup je dors comme un loir pendant TOUT le travail et me réveille entre deux touchers. 2 cm, 4 cm, 6 cm, 8 cm... M'en fous, je dors!

A 4h, la péridurale commence à moins fonctionner dans le bas ventre alors qu'elle monte jusqu'au cou... Coup dur, j'ai mal et je dois maîtriser mon souffle. J'assure quand même et ne flanche pas, tout en me rendormant entre 2 contractions (véridique).
A 5h, cela s'emballe, les contractions se sont intensifiées, je suis dilatée à 10cm. On m'emmène de toute urgence au bloc: 2 internes, 1 gynéco-obstétricien, 3 sage-femmes, 1 infirmière anesthésiste, un anesthésiste, 2 pédiatres... Je me demande si Sarkozy a été invité... La lumière est crue, je tremble à cause de la péridurale et alors que tout le monde a froid, moi j'ai chaud... Petit Chéri ne peut pas rentrer au bloc, je supplie ma sage-femme de le faire venir, et il me rejoint 20 mn plus tard...
Quelques remarques mafaldesques:
"Oh elles sont jolies mes Moonboots bleues!" (l'étrier).
"Je peux avoir un Schweppes Agrume s'il vous plait?"
"Tiens des spatules, on fait une salade?"
"Madame, il faut pas dormir, vous allez accoucher" "Oui je sais je ferme juste les yeux... Zzzzzzzzz".
"C'est fini le canevas la bas dessous?"

Je vous jure j'ai dormi au bloc!

On me demande de pousser, je pousse, j'ai une force extraordinaire, moi qui pleure quand je me casse un ongle, je suis Superwoman, mon chéri n'en revient pas, j'ai une détermination de dingue!
Quand ils sortent les spatules, me font une anesthésie là bas dedans, je souffre grave, ça c'est douloureux... Mais tant pis, je fais comme si je ne sentais pas la douleur. Je pousse et hop, un soulagement intense, Lily est sortie et elle hurle. Malheureusement je ne la vois pas, le papa s'en va avec elle, il ne doit pas rester s'il y a des complications. J'entends mon bébé pleurer au loin.
"Allez madame, c'est pas fini". Re-spatules et ça repart, Louise sort 9 mn plus tard.

Ils me la posent sur le ventre, elle dort profondément, elle est magnifique!
"Elle pleure pas??? Elle est chauve! Mais qu'est ce qu'elle est belle!!!"
Ils l'emmènent et soudain quelqu'un m'emmène Lily qui n'a cessé de hurler depuis qu'elle est sortie. On la pose sur mon cou et je l'embrasse sur son petit bec, et elle cesse immédiatement de pleurer et s'endort, c'est magique, elle a reconnu sa maman. Je renifle son souffle, la plus belle odeur du monde.

Deux heures plus tard, nous sommes en néonat avec elles. Lily a un petit masque car à force de hurler elle s'est épuisée. Louise a un cathéter dans le nombril pour la perfuser plus rapidement, elle est très frêle, on ne peut pas la prendre dans nos bras à cause des risques d'infection. Premier câlin avec Lily et Petit Chéri, on fait du peau à peau, elle s'endort paisiblement, je ferme les yeux, c'est le plus beau jour de ma vie, jamais je n'aurais cru pouvoir être aussi heureuse.
Le lendemain j'ai la chance de tenir Louise à son tour dans mes bras, elle aussi s'endort comme un ange.

Lundi est le pire jour de notre vie: Lily fait 3 apnées en notre présence, les constantes s'effondrent, nous sommes impuissants, elle est sans force pendant que la pédiatre la ballonne. Je suis en larmes, effondrée, j'ai l'impression que je vais mourir, je ne savais pas qu'on pouvait avoir si mal, je viens de comprendre qu'être parent, c'est aussi ça, avoir le coeur brisé dès que votre enfant souffre.
On apprend plus tard qu'elle a fait une septicémie et que cela provoquait les apnées, c'est dur.
Plus tard on rencontre le pédiatre qui nous rassure. Toute son équipe et l'équipe qui m'a accouchée ont été extraordinaires, j'ai 600 kg de chocolat à offrir!

Je suis sortie une semaine plus tard, toujours un peu faible, mais nous allons en néonat le soir avec Petit Chéri, je vais y aller seule dès que j'aurai repris des forces. Je leur mets de la musique, je leur parle, leur chante, aide pour la toilette. Papa se fait faire caca dans les mains et adore ça! Hier soir elles ont quitté la réa et se sont enfin retrouvées dans la même chambre en soins intensifs.
Toutes les nuits je me réveille à 5h du matin et je regarde leurs photos en pleurant, c'est dur, mais en même temps j'éprouve tellement de bonheur et de plénitude...
Elles nous rejoindront en novembre, ça va être long mais ce jour là, notre tribu sera réunie à jamais, pour toujours...